Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Monde des livres Le Monde des livres Le Monde des livres Romans francophones Romans francophones Romans francophones Pour échapper aux nuées qui couvrent ce monde asphyxié, suivons l’héroïne du deuxième roman de l’écrivaine. Article réservé aux abonnés « Passer la Brume », de Julia Colin, Aux forges de Vulcain, 308 p., 20 €, numérique 15 €. Il existe des brumes qui tuent. Elles ont des noms distincts. Les Voraces happent en quelques secondes, les Voiles enveloppent et étouffent, les Lentes gagnent du terrain avec la patience des glaciers, les Humides rongent la chair. Dans l’univers de Julia Colin, la Brume, « B » majuscule, n’est pas un simple phénomène météorologique : c’est une entité vivante, mouvante, prédatrice, qui a contraint l’humanité à se réfugier dans les hauteurs, dans ces villages accrochés aux flancs de montagnes, les Pyrènes, comme autant de refuges précaires face à l’engloutissement. Au cœur de ce monde asphyxié, Vair est Passe-Brume : elle guide les voyageurs à travers les nappes mortelles. Lorsqu’un groupe de Plains – habitants des plaines dévorées – la paie pour le conduire vers l’Esp, cet eldorado mythique où la Brume n’existerait pas, Vair accepte la mission. Mais quelqu’un semble les suivre, une ombre inquiétante qui menace l’équilibre fragile de l’expédition. Passer la Brume s’inscrit dans cette lignée de l’imaginaire francophone qui fait de l’élément naturel le personnage central du récit. On pense évidemment à La Horde du contrevent, d’Alain Damasio (La Volte, 2004), où le vent structurait à la fois l’espace et la communauté des marcheurs, ou à Aatea, d’Anouck Faure (Argyll, 2025), où l’océan devenait le théâtre d’une quête identitaire. Ici, c’est la Brume qui fait loi. Julia Colin déploie un bestiaire atmosphérique d’une richesse rare, où chaque type de brume obéit à des règles précises, presque scientifiques, et impose aux humains une géographie de la survie. Il vous reste 51.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Passer la brume », de Julia Colin, confirme l’émergence d’une voix singulière dans le paysage de la SF francophone
Pour échapper aux nuées qui couvrent ce monde asphyxié, suivons l’héroïne du deuxième roman de l’écrivaine.







