Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Pixels Pixels Cultures Web Cultures Web Cultures Web Directement tiré d’un univers collaboratif né sur Internet, « Backrooms » sort mercredi 17 juin en France. Réalisé par Kane Parsons, qui s’est lui-même fait connaître en ligne, son carton au box-office américain interroge les internautes sur l’avenir de cette création. Article réservé aux abonnés L’univers des backrooms (« arrière-salles »), né en ligne et alimenté par des internautes pendant des années, cartonne désormais au box-office américain. Mais si la sortie du film du même nom, réalisé par Kane Parsons, arrive pour eux comme une consécration, le passage commercial les interroge : que restera-t-il de l’aspect participatif, maintenant que leur univers est arrivé sur grand écran ? Car avant d’entrer dans les studios clinquants d’Hollywood, tout est parti d’un local commercial sinistre, abîmé par un dégât des eaux. Ou plutôt de sa photo, postée en 2003 sur Internet et exhumée en 2019. Dans un post sur le forum 4chan, la pièce vide, aux murs jaunâtres éclairés aux néons, est désormais accompagnée d’une légende inventant une dimension parallèle dans laquelle on pourrait tomber par inadvertance : les backrooms. Séduits par l’ambiance étrangement familière de la photographie et l’idée d’espaces « liminaux », caractérisés par une impression de vide et d’immensité, des utilisateurs lancent des « wikis » – sites d’écriture participative – sur Fandom et Wikidot pour développer cet univers. « Ça m’a attirée, car ça renvoie à des notions existentialistes, le fait d’être perdu dans quelque chose que l’on n’arrive pas à comprendre », se souvient Eden, 24 ans, administratrice de la communauté Wikidot française et anglophone. Dans ces espaces collaboratifs, où se mélangent textes, vidéos, photographies ou minijeux, les participants imaginent un monde sur plusieurs niveaux, où chaque étage aurait ses propres règles et entités. On erre dans des parkings, des centres commerciaux ou des bureaux désaffectés, parfois poursuivi par des humanoïdes sans visage ou des sourires qui brillent dans le noir. « L’avantage des backrooms, c’est que n’importe quelle personne voulant créer son étage peut faire quelque chose d’efficace avec très peu, note Feldup, musicien et vidéaste sur YouTube, spécialisé dans les sujets d’horreur et de culture Internet. Ce qui compte, c’est l’atmosphère. » Il vous reste 66.63% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.