Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement L'époque L'époque L'époque Sur le feed Sur le feed Sur le feed « Sur le feed ». En reprenant l’un des piliers de la culture Web horrifique, Kane Parsons confirme, avec « Backrooms », qui sort en salle le 17 juin, le renouveau du cinéma d’horreur. Article réservé aux abonnés Depuis un banal magasin d’ameublement, un homme glisse vers une autre réalité, un menaçant dédale de pièces vides tapissées de jaune… Début avril, le studio de production américain A24 avait dévoilé la bande-annonce de Backrooms, qui sort en salle le 17 juin en France, après un énorme carton aux Etats-Unis (plus de 140 millions de dollars de recettes). Réalisé par Kane Parsons, le long-métrage reprend l’un des piliers de la culture Web horrifique. Tout commence en 2019. Un utilisateur du forum 4chan propose de partager, sur un canal consacré au paranormal, des « images inquiétantes qui semblent presque mortes ». Une curieuse photo est postée. Le cliché dévoile une enfilade de pièces au papier peint défraîchi et à la moquette synthétique sale. Un autre internaute ajoute un commentaire cryptique : « Si vous ne faites pas attention et que vous “no-clippez” au mauvais endroit [un no-clip est un bug qui fait traverser mur ou plafond dans les jeux vidéo, par extension, un glissement dans une autre dimension], vous vous retrouverez dans les “backrooms” [arrière-salles], avec pour toute compagnie la puanteur d’une vieille moquette humide, une folie jaune, le bourdonnement assourdissant de néons fluorescents et près de 600 millions de mètres carrés de pièces vides organisées sans logique ni raison, dans lesquelles vous pourrez être piégé. Que Dieu vous garde si vous entendez quelque chose errer à proximité, car cette chose vous a sûrement entendu. » De cette photo prise, on l’apprendra plus tard, dans une boutique du Wisconsin, naît en ligne la légende entêtante des backrooms. Pièces aux murs jaunâtres De 4chan au forum Reddit, les utilisateurs construisent des années durant et à plusieurs mains une mythologie complexe étoffée de faux témoignages, courtes nouvelles, dessins photoshopés et vidéos bricolées avec le logiciel Blender. Sur le canal Reddit consacré aux backrooms, un internaute promène sa caméra dans un couloir désert, peuplé seulement de tristes ballons gonflés à l’hélium et d’un écran grésillant de téléviseur cathodique. « Je me tenais seule au milieu du vieux papier peint jaune vif qui se décollait (…) Je m’enfonçais plus profondément dans la pièce sans cesser de regarder autour de moi, espérant apercevoir au moins une porte, mais hélas, je ne vis rien que des pièces détrempées », écrit une écrivaine en herbe sur un blog. Il vous reste 68.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Les « backrooms », des labyrinthes de l’angoisse nés de la culture Web qui font revivre des « peurs ancestrales »
« Sur le feed ». En reprenant l’un des piliers de la culture Web horrifique, Kane Parsons confirme, avec « Backrooms », qui sort en salle le 17 juin, le renouveau du cinéma d’horreur.
Kane Parsons réalise « Backrooms » (140M$ recettes USA), adaptation de la légende Web née 2019 sur 4chan/Reddit. Créations collectives community-driven deviennent IP monétisables; signal clé pour tech investors: les plateformes de contenu partagé génèrent des actifs de masse.












