Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Emploi Emploi Emploi Management Management Management Chronique Armand Hatchuel Professeur émérite à Mines Paris, Université PSL Si l’intelligence artificielle est plus productive qu’un humain, la véritable puissance créative reste dans l’usage humain de l’IA, conclut, dans sa chronique, le chercheur en sciences de gestion Armand Hatchuel, en s’appuyant sur une étude de 2025. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Entreprises. La créativité des outils d’intelligence artificielle (IA), en entreprise ou pour la recherche, semble devenue banale. Mais, en s’appuyant sur une formalisation du raisonnement créatif, une étude de 2025 souligne les aspects paradoxaux de la créativité algorithmique (« The paradox of creativity in generative AI : high performance, human-like bias, and limited differential evaluation », de Joy Desdevises, Frontiers in Psychology). Car, si les IA génératives, comme ChatGPT, produisent des idées plus rapidement que les humains, la part des idées créatives est la même que chez ces derniers. Mais, contrairement aux humains, l’IA peine à faire la différence entre une idée créative et une idée qui l’est moins, expliquent ces travaux. Les études scientifiques de la créativité d’une IA restent rares, car elles étaient déjà difficiles à conduire sur les humains. Le plus souvent, on demandait à des individus de produire un maximum d’idées « créatives » et on comparait leur quantité, leur variété et leur degré d’originalité. Mais ce dernier critère dépendait du jugement d’experts. Un pas a été franchi lorsque la théorie du raisonnement créatif (théorie C-K) a prédit que, pour tout problème, les idées produites se distribuent entre une zone de « fixation » et une zone d’« expansion », plus créative. La zone de fixation correspond aux idées et aux connaissances les plus communes au sein d’une population ; la zone d’expansion contient des idées s’appuyant sur des savoirs plus éloignés du problème et inégalement distribués. La tâche de l’œuf Pour une tâche comme « jeter un œuf d’une hauteur de 15 mètres sans le casser », la zone de fixation contient les solutions le plus souvent citées : « ralentir la chute », « protéger l’œuf » ou « amortir l’arrivée au sol ». La zone d’expansion, elle, contient des idées plus rares, comme « dresser un oiseau pour porter l’œuf » (« The impact of type of examples on originality : explaining fixation and stimulation effects », Marine Agogué, Akin Kazakci, Armand Hatchuel, Pascal Le Masson, Benoît Weil, Nicolas Poirel et Mathieu Cassotti, Journal of Creative Behavior, 2014). Il vous reste 35.9% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
L’IA produit des idées mais peine à faire la différence entre celles qui sont créatives et celles qui le sont moins
CHRONIQUE. Si l’intelligence artificielle est plus productive qu’un humain, la véritable puissance créative reste dans l’usage humain de l’IA, conclut, dans sa chronique, le chercheur en sciences de gestion Armand Hatchuel, en s’appuyant sur une étude de 2025.











