L’aménagement d’une piste cyclable controversée de 1,3 km sur l’avenue Querbes, dans le quartier Parc-Extension, sans tenir de consultation en bonne et due forme, a mené à la perte sur cette voie de circulation de deux cases de stationnement réservées à des résidents handicapés, déplore l’ombudsman de Montréal, Nadine Mailloux.Elle recommande à la Ville et aux arrondissements de mener des consultations avant de procéder à des réaménagements de rue susceptibles de bousculer les habitudes des résidents. L’aménagement de cette piste cyclable a exigé d’éliminer le stationnement sur tout le côté est de la chaussée, y compris deux cases qui étaient réservées à des personnes à mobilité réduite.« La démarche de participation publique est insuffisante dans un milieu où plusieurs facteurs de vulnérabilité sont présents, comme Parc‑Extension. Une consultation plus approfondie aurait permis d’intégrer les besoins réels des citoyens et de réduire la polarisation observée après l’implantation du projet », indique le rapport annuel 2025 de l’Ombudsman de Montréal, rendu public lundi.La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, dénonce depuis longtemps ce qu’elle considère comme le manque de consultation de l’administration précédente en matière d’aménagement urbain. Élue en novembre dernier, elle s’est engagée à mener de vastes consultations sur tout projet de réaménagement qui touche les gens dans leur quotidien.L’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension s’est aussi engagé à améliorer la participation citoyenne, notamment dans un projet prévu en 2026.Le dossier de l’accessibilitéL’Ombudsman de Montréal « reconnaît pleinement la pertinence des voies cyclables, en particulier pour desservir Parc‑Extension. Toutefois, les enjeux d’accessibilité universelle mis en lumière dans ce dossier demeurent difficiles à résoudre. Ils reflètent, selon [eux], certaines limites de la planification initiale ».L’arrondissement a relocalisé les deux cases de stationnement pour résidents handicapés en question sur des rues transversales, à environ 80 mètres de leur emplacement précédent, ce qui entraîne des difficultés pour ces personnes à mobilité réduite, indique Me Mailloux.