La future piste cyclable de la rue Hochelaga sera finalement plus courte que prévu : l’administration de Soraya Martinez Ferrada va abandonner le tronçon d’environ deux kilomètres reliant la rue Louis-Veuillot à l’autoroute 25 afin de ne pas « dédoubler la piste cyclable sur l’axe parallèle de l’avenue Souligny ». La mairesse de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Chantal Gagnon, dit aussi tenir compte « des inquiétudes concernant la fluidité, la perte de places de stationnement et les autres irritants soulevés » lors d’une consultation publique qui s’est déroulée début avril.Le rapport de cette même consultation ne mentionne cependant aucunement l’abandon du tronçon reliant la rue Louis-Veuillot à l’autoroute 25. Et seulement 5 des 548 répondants ont souligné « une inquiétude quant à la perte de stationnements sur la rue Hochelaga », peut-on y lire.Les répondants devaient en effet se prononcer en faveur de la poursuite de la réalisation d’une piste cyclable sur la rue Hochelaga (jusqu’à l’autoroute 25) d’ici les 5 prochaines années, ou bien de la transformation du reste du tracé pour poursuivre l’aménagement du lien cyclable sur la rue de Rouen, puis dans le boisé Steinberg, dans l’axe de l’avenue Souligny, et ce, dans un horizon de 8 à 10 ans.Des quelque 500 personnes qui ont participé à cette consultation, 82,85 % se sont montrées favorables à la première option, alors que 7,85 % ont dit préférer la deuxième. Le reste des répondants (9,31 %) se sont dits favorables aux deux options ou ont préféré ne pas répondre.Parallèlement, le rapport indique que 89 des répondants s’étant dits favorables à la poursuite du tracé sur Hochelaga « estiment que cette option aura moins d’impacts sur les résident(e)s, en proposant une perte inférieure de places de stationnement et présentant à leurs yeux un risque plus faible de dévier la circulation automobile sur les rues résidentielles ».« C’était la bonne décision »En entrevue avec Le Devoir, la mairesse Chantal Gagnon soutient que « c’était la bonne décision » et qu’elle a été prise en tenant compte des désirs des citoyens, même si la solution qui aurait consisté à rétrécir le tracé n’a pas été présentée à ceux qui ont répondu à la consultation publique.« La conclusion, c’était qu’on voulait un réseau cyclable connecté et sécuritaire. Le fait de continuer jusqu’à Louis-Veuillot nous permet de connecter au REV [Réseau express vélo] Souligny. Alors il y a déjà une connexion sécuritaire, c’est pour ça », affirme la mairesse de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.Lorsqu’il lui a été demandé si les considérations économiques avaient influencé la décision, Mme Gagnon a en premier lieu dit que cela n’avait « pas tant » pesé dans la balance, avant de se corriger en expliquant ne pas avoir conservé le tracé initialement pensé par l’administration Plante « parce [qu’elle] veut faire une saine gestion des finances des contribuables » et qu’une solution de remplacement existe pour le tronçon coupé.Pour ce qui est des préoccupations liées aux autres désagréments engendrés par la voie cyclable, comme le manque de places de stationnement, Chantal Gagnon indique que ce n’est pas uniquement la consultation publique qui a influencé le choix de réduire le tracé. « Il y a beaucoup de gens qui nous écrivent, j’ai fait une campagne électorale, il y a beaucoup de gens qui sont préoccupés par les stationnements. »