Jean-Pierre, après avoir rejeté son fils, défile à la Marche des fiertés
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"Pour moi, c'était une honte. Je n'avais plus de fils". Lorsque Jean-Pierre revient sur le moment où son fils lui a annoncé son homosexualité, il n'hésite pas à utiliser des paroles très crues. Invité de Un jour, une vie, le père de famille explique avoir toujours évolué dans un milieu où l'homosexualité était stigmatisée : "C'était vu comme quelque chose d'honteux (...) Ma tante était homosexuelle et vivait avec une femme. À l'époque, on n'en parlait pas trop, elles se cachaient", confie-t-il.
Quand son fils Franck lui annonce qu'il est gay, le monde de Jean-Pierre s'écroule. Il lui est inconcevable d'imaginer que son garçon puisse être homosexuel, et lui dit que c'est une mode, que ça lui passera : "J'étais complètement perdu, je ne parlais à personne", se rappelle-t-il. Le papa coupe les ponts avec son fils, et la situation devient rapidement invivable, comme le précise la maman, Marie-José : "Mon mari ne lui adressait plus du tout la parole, il passait par moi pour dire à son fils de marcher droit dans la rue", raconte-t-elle.
Franck, déjà harcelé et violenté à l'école, vit le rejet de son père comme l'ultime coup de massue : "La remarque qui me tue, c'est quand il me dit 'N'en parle pas', parce qu'il avait peur des réactions autour de lui", confie Franck. Après des mois sans adresser la parole à son fils, Jean-Pierre fait finalement face à un ultimatum de sa femme, qui le menace de divorcer s'il continue à ignorer son enfant. En plus de cet avertissement, le père de famille explique avoir eu un déclic en imaginant sa regrettée mère le ramener dans le droit chemin : "Je me suis dit, en pensant à mère 'Tu n'as pas honte ? Tu es en train de tout détruire et tu fous tout le monde dans la merde'", se rappelle-t-il.














