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ReportageDans la Petite Beauce, le monorail sillonne 18 km de terres agricoles et nourrit la nostalgie de la splendeur industrielle passée.

Le long rail de béton file au milieu des immenses champs de blé et de betteraves, avant de s’interrompre brusquement. Ce viaduc qui s’étend sur 18 km, à 7 mètres du sol, est tout ce qui reste de la ligne qui devait relier Paris à Orléans. Un fantôme de 18 km, vieux de cinquante ans, qui marque le paysage de la Petite Beauce et traverse, de Ruan à Saran, dans le Loiret, des villages dortoirs qui vivent au rythme des déplacements pendulaires de leurs habitants. A côté, sur la départementale, défile une cohorte de camions, en ce matin de début juin.

Le projet d’aérotrain imaginé par Jean Bertin avait été lancé en grande pompe, en 1962, par le gouvernement de Georges Pompidou, alors premier ministre de De Gaulle, et soutenu financièrement durant dix ans pour doter le pays d’un train interurbain à haute vitesse. Après une première piste d’essai dans l’Essonne, le monorail est construit dans la Beauce en 1967.