Un être humain ne se réduit ni à sa nationalité, ni à ses origines, ni à son éventuelle religion, ni à la couleur de sa peau, et il ne saurait être assimilé à la politique du pays dont il est citoyen. Le fait d’avoir à rappeler ces évidences fondamentales souligne le degré de confusion de notre époque où, paresse intellectuelle et réseaux sociaux aidant, on peut coller des étiquettes, amalgamer, préjuger de connivences et clouer au pilori, y compris dans la plus grande incohérence. L’annulation, à la suite de pressions et d’intimidations, de la présence du réalisateur israélien Nadav Lapid au Festival international de cinéma de Marseille illustre jusqu’à la caricature cette inacceptable dérive essentialiste.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le cinéaste israélien Nadav Lapid, visé par une polémique, renonce à participer au festival FID Marseille
Lire plus tard
Pourquoi une douzaine de cinéastes ont-ils menacé de retirer leurs propres films de ce festival si Nadav Lapid faisait partie du jury ? Ils entendaient « agir contre une réalité coloniale et génocidaire », autrement dit dénoncer la politique du gouvernement israélien de Benyamin Nétanyahou. Or Nadav Lapid, 51 ans, exilé en France, est lui-même un farouche opposant à cette politique qu’il qualifie de « génocidaire ». Son dernier film, Oui, est une féroce critique de la dérive morale de la société israélienne, insensible au sort des Palestiniens.












