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EnquêteS’inclinant devant le Qatar lors de l’attribution du Mondial 2022, les Etats-Unis ont lancé une offensive judiciaire contre plusieurs membres de la FIFA avant d’obtenir la coorganisation de la compétition qui débute jeudi 11 juin. Récit de la montée en puissance du soft power américain dans le football mondial.

Au crépuscule de sa longue vie, Sepp Blatter ne reconnaît plus « sa » FIFA. A 90 ans, le Suisse, ex-président de la Fédération internationale de football (1998-2015), voit d’un très mauvais œil la Coupe du monde 2026, coorganisée du 11 juin au 19 juillet par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. « Elle repousse toutes les limites avec ses 48 équipes et ses 104 matchs ! » Une hérésie pour le patriarche, alors que son successeur, compatriote et ennemi politique, Gianni Infantino, a élargi le nombre de nations participantes au tournoi, jusqu’ici réservé à 32 sélections. Avec à la clé des revenus record attendus par la FIFA : 13 milliards de dollars (11,18 milliards d’euros) pour le cycle 2023-2026.

Mais il y a plus grave aux yeux de Sepp Blatter. Pour lui, la « bromance » affichée entre le patron de la FIFA et Donald Trump depuis le vote d’attribution du Mondial 2026, en juin 2018, démontre que « l’activité politique [de la FIFA], non conforme à ses statuts quant au devoir de neutralité de l’instance, a atteint son paroxysme ». Grâce à l’aide de Gianni Infantino, regrette Sepp Blatter, « les Etats-Unis n’ont eu aucun mal à s’imposer comme une grande puissance du football ».