Avant même son lancement, jeudi 11 juin, la dimension politique de la Coupe du monde de football 2026 pourrait bien éclipser son enjeu sportif. Organisée jusqu’au 19 juillet aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, la plus grande compétition de sélections nationales est utilisée par Donald Trump comme un instrument à sa propre gloire, et ce, avec le soutien actif de Gianni Infantino, dirigeant de la FIFA. En 2025, le patron de la fédération sportive internationale du football a ainsi remis un « prix de la paix » au chef d’Etat américain pour le consoler de n’avoir pas reçu, quelques semaines auparavant, le prix Nobel.

Le ridicule aurait pu s’arrêter là, mais Gianni Infantino n’a eu de cesse de vouloir complaire à Donald Trump. En agissant de la sorte, il rabaisse le rôle de l’institution qu’il préside.

Dernier exemple en date : le refoulement – malgré un visa en règle –, le 6 juin, d’Omar Abdulkadir Artan, arbitre somalien, qui devait officier lors de la Coupe du monde. Pour le moment, l’administration américaine assure que l’arbitre serait « lié à des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes ». De son côté, la FIFA n’a pas protesté contre cette décision. « C’est malheureux, ce qui lui est arrivé, mais nous ne contrôlons pas tout », s’est contenté de déclarer M. Infantino mercredi soir lors d’une conférence de presse à Mexico.