Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Cinéma Cinéma Cinéma Tribune Gaëtan Bruel Président du CNC Le modèle de financement du cinéma français n’était contesté que par les géants américains. Salué et copié dans le monde entier, il est aujourd’hui remis en cause par des voix françaises qui risquent de saborder ce qui nous donnait une longueur d’avance, alerte le président du CNC dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 16h30 Temps de Lecture 7 min. Article réservé aux abonnés Dans quelques décennies, les historiens qui se pencheront sur la France de 2026 dresseront probablement le constat d’un pays confronté – comme le reste du monde – à des défis considérables ; d’un pays mieux armé que beaucoup d’autres pour y répondre ; mais d’un pays qui aura été proche de se saborder lui-même, dans des débats trop souvent réduits à leur caricature. Comment expliquer que l’on veuille aujourd’hui fragiliser, voire démanteler, le modèle même qui a fait de la France un champion mondial de cette création, et qui peut demain lui permettre de gagner encore des positions, de créer des emplois et de renforcer sa souveraineté ? Ce modèle est salué et copié dans le monde entier – jusqu’en Chine, premier box-office mondial. Encore récemment, il n’était contesté que par les géants américains, pour lesquels il constitue un frein à leur domination. Le fait nouveau est que, depuis un an, ce sont des voix françaises qui portent un agenda de suppression du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), dont même les adversaires historiques de l’exception culturelle n’avaient pas osé rêver. Il est normal, et même salutaire, que des critiques soient formulées à l’égard d’un modèle qui a précisément le souci constant de s’améliorer. Mais lorsque les mêmes procès reviennent sans jamais tenir compte des réponses apportées ni formuler aucune proposition ; lorsque, par ailleurs, la tentation de fragiliser les fondements de ce modèle se rejoue désormais chaque année au Parlement, le besoin de rétablir les faits s’impose pour une filière industrielle qui représentait plus de 260 000 emplois partout en France en 2023 (selon une étude du cabinet EY publiée en 2025). Filière qui demeure l’un des rares traits d’union entre les Français et qui se bat pour préserver notre rang dans un paysage mondial bouleversé. Il faut redire ce qui est en jeu. Quatre défis, en particulier, se dressent devant nous – autant d’occasions majeures pour notre pays, mais aussi quatre défaites en germe si nous persistons à combattre nos forces plutôt que nos faiblesses. Il vous reste 80.88% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.