La remigration est aux portes du Parlement italien. Vendredi 5 juin, le comité Remigrazione e Riconquista a fait étape près de Milan pour promouvoir sa proposition de loi prônant l'expulsion en masse d'immigrés ou de descendants d’immigrés. Longtemps relégué aux marges de l'extrême droite, ce concept est désormais revendiqué par plusieurs partis, dont la Lega de Matteo Salvini, membre de la coalition au pouvoir.
Avant d’entrer dans l’arrière-salle du bar de la Comunità Giovanile, deux hommes s’agrippent par leurs avant-bras tatoués. Cette poignée de main romaine, en vogue dans les milieux d’extrême droite, n’est pas le seul indice sur les idées qui règnent dans ce refuge de la jeunesse identitaire locale, à Busto Arsizio, à une demi-heure de Milan. Un texte anti-avortement et des croquis de vikings issus d’une revue d’extrême droite ornent les murs jaunes défraichis. À côté, de grandes affiches annoncent le thème de la soirée: «Remigration, maintenant!».Pour sa dernière étape d’une tournée dans toute l’Italie, le comité Remigrazione e Riconquista est venu présenter, vendredi 5 juin 2026, sa proposition de loi portant sur ce concept en vogue à l’extrême droite, qui prône le renvoi d’immigrés dans leurs pays d’origine. Le texte prévoit notamment l’expulsion des étrangers en situation irrégulière et des Italiens naturalisés condamnés par la justice, ainsi qu’une prime destinée à encourager les départs volontaires.Au fond de la salle, perchés sur une scène habituée à vibrer au son du rock nationaliste, les intervenants appartiennent aux groupes d'extrême droite à l’origine du comité, dont le groupuscule néofasciste CasaPound, le réseau national la Rete dei Patrioti, et deux mouvements du Nord de l’Italie, Brescia ai Bresciani et Veneto Fronte Skinheads.








