Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Laurent Corvaisier Débats Débats Débats Revenu universel Revenu universel Revenu universel Par Pascal Riché Publié aujourd’hui à 05h00 Article réservé aux abonnés EnquêteA l’heure où l’intelligence artificielle menace de ravager les emplois, l’idée d’un revenu de base versé à tous sans condition refait surface. Mais les patrons de la tech ont-ils les mêmes motivations que les philosophes et les économistes qui l’ont portée ? En ce printemps 2026, quand elle est artificielle, l’intelligence est huée par une partie de la jeunesse américaine. Littéralement. Lors des cérémonies de remise de diplômes, avant d’aller jeter leurs toques à pompon en l’air, des étudiantes et étudiants conspuent les orateurs qui se risquent à vanter la révolution technologique en cours. Dans plusieurs Etats (Floride, Tennessee…), certaines personnalités en ont déjà fait les frais sur les campus, à l’instar d’Eric Schmidt, ancien président-directeur général de Google, à l’université de l’Arizona, le 15 mai. Si la génération Z aux Etats-Unis utilise régulièrement l’intelligence artificielle (IA) générative, ses membres nourrissent à son encontre un ressentiment croissant. Selon une enquête Gallup publiée en avril, près d’un tiers des 14-29 ans affirment que cette technologie les met en colère. Ils ont quelques raisons de le faire : l’accès au marché du travail, pour les diplômés, est devenu bien plus ardu face à la concurrence des agents IA. Et les patrons des sociétés qui les fabriquent ne manquent jamais une occasion de prédire l’« apocalypse de l’emploi » – la destruction massive d’emplois de cols blancs – comme si c’était le signe ultime de l’efficacité de leurs produits ! En même temps, ces mêmes responsables redoublent d’efforts pour promouvoir un antidote tout aussi spectaculaire au poison social qu’ils vendent : le revenu universel. Puisque les algorithmes et les robots vont rapidement éliminer des millions d’emplois tout en produisant un jaillissement extraordinaire de la richesse, seule la distribution d’un revenu de base, versé à tous sans contrepartie, peut empêcher la société de s’effondrer. « Privatisation de la solidarité » Il vous reste 89.43% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.