Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives Tribune Bernie Sanders Sénateur du Vermont [Etats-Unis] Puisque le développement de l’IA se fonde sur les créations de millions de personnes (écrivains, artistes, musiciens, scientifiques…), c’est aux citoyens américains de décider de son avenir, explique le sénateur du Vermont dans une tribune au « Monde ». Il propose de placer 50 % des actions des entreprises concernées dans un fonds souverain. Publié aujourd’hui à 12h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés L’intelligence artificielle [IA] sera très probablement la technologie la plus transformatrice de l’histoire. Elle est en passe d’affecter profondément la vie de chaque homme, femme et enfant de notre pays. Elle entraînera – et entraîne déjà – des changements inimaginables dans notre économie, notre démocratie, notre équilibre émotionnel, notre environnement et notre façon d’éduquer nos enfants. De plus, la crainte est bien réelle que si l’IA devenait plus intelligente que les humains, elle puisse un jour fonctionner de manière autonome, avec des conséquences potentiellement catastrophiques. La question n’est pas de savoir si l’IA changera le monde – c’est un fait –, mais plutôt : qui contrôlera cet avenir ? Qui en bénéficiera, et qui en subira les conséquences ? L’IA va-t-elle enrichir la vie des familles qui travaillent, améliorer leur qualité de vie ? Va-t-elle nous aider à éradiquer la pauvreté, à allonger l’espérance de vie et à résoudre la crise climatique ? Ou bien l’avenir de l’humanité sera-t-il déterminé par les quelques milliardaires qui ont promu et développé l’IA, sans quasiment aucune consultation démocratique, ceux-là mêmes qui s’apprêtent à devenir encore plus riches et plus puissants grâce à elle ? Voilà la question que nous devons trancher. Soyons clairs : l’intelligence artificielle n’a pas été créée ex nihilo. (…) L’IA repose sur notre intelligence collective : nos livres, nos chansons, nos œuvres d’art, nos articles de presse, nos codes informatiques, nos recherches scientifiques, nos vidéos, nos conversations, nos images et nos idées, transmises de génération en génération. Ce n’est pas simplement mon opinion : de l’aveu même de [Sam] Altman, directeur d’OpenAI, les modèles d’IA ont été entraînés sur notre « expérience collective, nos connaissances » et les « enseignements de l’humanité ». Dans la plupart des cas, les magnats de la tech ont intégré ces connaissances à leurs modèles d’IA sans autorisation, sans reconnaissance, sans compensation. Autrement dit, le travail créatif de millions de personnes – écrivains, artistes, musiciens, journalistes, enseignants, scientifiques et citoyens ordinaires – a été purement et simplement spolié par quelques-unes des personnes les plus riches du monde. Il est temps de le récupérer. (…) Il vous reste 65.3% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.