Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Économie française Économie française Économie française Chronique Jean Pisani-Ferry Economiste Avant de tirer sa révérence, le gouverneur de la Banque de France a, dans une lettre au président de la République, dressé la liste de nos insuffisances. Une démarche que salue l’économiste dans sa chronique, estimant qu’elle invite à « sortir de la dictature de l’urgence ». Publié aujourd’hui à 06h06 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Une perspective longue, qui démarre en 2010 et enjambe donc les alternances : pour sa dernière lettre au président de la République, Emmanuel Macron, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a voulu prendre de la hauteur. Il ne l’explicite pas, mais l’intention est claire : s’adresser aux candidats à l’élection présidentielle de 2027, leur dire où en est le pays et dresser la liste des questions auxquelles ils vont devoir répondre. Parce qu’il invite à sortir de la dictature de l’urgence, l’exercice est bienvenu. Il met en évidence nos succès comme nos insuffisances, en comparaison de la zone euro et des pays européens les plus performants. Dans ces classements, la France se situe assez systématiquement dans la moyenne européenne. Elle ne se détache du lot que par le taux d’épargne des ménages, seule l’Allemagne la dépassant sur ce point. Pour le reste, elle n’apparaît jamais dans le trio de tête, alors que les pays scandinaves y figurent régulièrement. Le classement confirme souvent ce que l’on savait déjà. C’est évidemment le cas en matière budgétaire. Parce que nous sommes sous la surveillance des marchés et que la baisse des recettes consécutive au choc énergétique rappelle notre vulnérabilité, la priorité sera de reprendre le contrôle des finances publiques et sociales. Cela appelle une action prolongée, dépassant l’horizon d’un quinquennat, qui permette de stabiliser le ratio dette/produit intérieur brut (PIB). Parce qu’un ajustement précipité pèserait à l’excès sur la croissance, parce que les Français devront s’accorder sur les priorités, et parce que les partenaires sociaux devront être associés à la réforme des retraites, il faudra du temps. Débat essentiel La compétition entre projets présidentiels qui va bientôt commencer devra reconnaître cette réalité, mais laisser la place aux choix démocratiques. Il y a beaucoup de manières de définir une stratégie budgétaire qui ramène à zéro le déficit primaire (ce qui demandera un cumul de mesures pérennes d’au moins 110 milliards d’euros sur sept ans, et même plus compte tenu de la montée des taux d’intérêt et de l’ampleur de l’effort de défense). Il faudra que les candidats potentiels exposent au pays leurs options pour répartir cet ajustement entre baisse des dépenses et hausse des prélèvements, quelles dépenses ils entendent couper et quels prélèvements ils veulent augmenter. Il vous reste 60.2% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Jean Pisani-Ferry : « Pour la France, la priorité sera de reprendre le contrôle des finances publiques et sociales »
CHRONIQUE. Avant de tirer sa révérence, le gouverneur de la Banque de France a, dans une lettre au président de la République, dressé la liste de nos insuffisances. Une démarche que salue l’économiste dans sa chronique, estimant qu’elle invite à « sortir de la dictature de l’urgence ».






