Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Économie française Économie française Économie française Tribune Eric Lombard Ancien ministre de l’économie L’ancien locataire de Bercy propose, dans une tribune au « Monde », quelques règles qui permettraient de retrouver la maîtrise de nos comptes publics en cinq ans. La campagne présidentielle est, selon lui, le bon moment pour orchestrer le retour à un rapport dette-PIB stable. Publié aujourd’hui à 17h00, modifié à 19h19 Temps de Lecture 6 min. Article réservé aux abonnés Le déficit public n’est pas un sujet comptable réservé aux experts. C’est un sujet de pouvoir d’achat, de qualité des services publics, de souveraineté. C’est une question de justice entre les générations. Chaque euro consacré aux intérêts de la dette est un euro qui ne finance ni l’école, ni l’hôpital, ni la transition écologique, ni notre sécurité. Le déficit de nos finances publiques a creusé un gouffre en quarante ans, et le monde continue de tourner. Les Françaises et les Français s’en préoccupent peu, mais la prise de conscience progresse. Les conséquences sur leur vie quotidienne sont déjà bien réelles. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi nos professeurs sont parmi les moins bien payés d’Europe ? Pourquoi nous reculons en matière de recherche ? Pourquoi nos services publics de proximité manquent de moyens ? Pourquoi notre armée doit entamer un effort massif de rattrapage afin d’être à la hauteur ? Pourquoi, en matière de richesse par habitant, la France est passée sous la moyenne européenne ? La raison est la suivante : pour compenser l’augmentation des dépenses sociales tout en limitant le dérapage des comptes sociaux, c’est le budget de l’Etat qui est mis à contribution. Regardons ce qu’il en est du côté des salariés : les bas salaires sont trop bas, la question du pouvoir de vivre pèse sur beaucoup, cependant que le coût du travail pour l’employeur est élevé. Comment est-il possible d’avoir des salaires trop bas et un coût du travail élevé ? Parce qu’entre le salaire et le coût du travail, il y a les impôts et les cotisations sociales. Mieux gérer la dépense publique permettrait d’améliorer le pouvoir d’achat, car, à la fin, c’est toujours le citoyen qui paye pour financer l’Etat et la Sécurité sociale. Dans le débat public, cette relation entre pouvoir d’achat et déficits publics n’est pas évoquée, alors qu’elle est au cœur des politiques économiques et sociales. Il n’existe pas de solution simple pour réduire un déficit de cette ampleur. L’équité fiscale doit être renforcée, la fraude combattue, mais cela ne dispense pas d’un effort structurel sur la dépense. Car il n’y a pas de trésor caché. Le rendement d’une contribution supplémentaire des plus fortunés, parfois évaluée à 5 milliards d’euros, ne suffira pas à elle seule à réduire un déficit public de 150 milliards. Un effort supplémentaire des plus fortunés est indispensable pour des raisons d’équité, mais son rendement ne sera pas à la mesure du problème. Il vous reste 75.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Eric Lombard, ancien ministre de l’économie : « Le déficit nuit gravement à la jeunesse. Nous versons plus d’argent en intérêts à nos créanciers que pour former nos enfants »
TRIBUNE. L’ancien locataire de Bercy propose, dans une tribune au « Monde », quelques règles qui permettraient de retrouver la maîtrise de nos comptes publics en cinq ans. La campagne présidentielle est, selon lui, le bon moment pour orchestrer le retour à un rapport dette-PIB stable.






