Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Économie Économie Économie Tribune Pierre Larrouturou Ancien député européen Depuis la dérégulation des années 1980, le maintien de la croissance s’est fait par la dette, explique l’économiste dans une tribune au « Monde ». Afin d’éviter que cette fuite en avant ne mène au pire, il soutient la nécessité de faire de l’Europe sociale une réalité, en inventant un impôt européen sur les sociétés et en relançant des négociations sur le temps de travail. Publié aujourd’hui à 06h30 Temps de Lecture 9 min. Article réservé aux abonnés « Les systèmes tiennent souvent plus longtemps qu’on ne le pense, mais ils finissent par s’effondrer beaucoup plus vite qu’on ne l’imagine. » Comment ne pas penser à cette mise en garde de l’ancien chef économiste du Fonds monétaire international (FMI) Kenneth Rogoff, en voyant l’état du système financier mondial aujourd’hui ? Aux Etats-Unis, la dette totale – privée et publique – était de 32 000 milliards de dollars [l’équivalent de 51 360 milliards de dollars actuels, soit 44 000 milliards d’euros] quand a éclaté la crise des subprimes en 2007. Elle dépasse aujourd’hui 80 700 milliards de dollars, soit plus de 250 % du produit intérieur brut [PIB]. Pourquoi tous ceux qui nous parlent à longueur d’année du « décrochage de l’Europe par rapport aux Etats-Unis » ne parlent-ils jamais de l’évolution de la dette, en particulier de la dette privée, qui permet ce « dynamisme américain » ? Il vous reste 93.57% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.