Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Technologies Technologies Technologies Chronique Pascal Riché Journaliste au « Monde » Philippe Aghion, « Prix Nobel d’économie » 2025, constate un décrochage inquiétant de la productivité européenne comparée à celle des Etats-Unis tandis que Paul Krugman, « Prix Nobel d’économie » 2008, souligne le maintien de la prospérité du Vieux Continent. Serait-il possible qu’ils aient tous les deux raison ?, s’interroge Pascal Riché, journaliste au « Monde », dans sa chronique. Publié le 25 juin 2026 à 15h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés C’est une étrange bataille. Elle est transatlantique. Elle dure depuis plusieurs mois. Le théâtre des opérations : des posts sur X, des textes sur Substack, des tribunes, des interviews. Les deux camps qui s’affrontent sont conduits par deux « Prix Nobel d’économie », Paul Krugman (2008) et Philippe Aghion (2025). Chacun est renforcé par des collègues de talent. Côté Krugman : l’Américain Brad DeLong, le Français Gabriel Zucman. Côté Aghion : l’Espagnol Luis Garicano, le Français Antonin Bergeaud. Leur dispute porte sur le cœur de leur métier, la matière première même des économistes : le produit intérieur brut (PIB). Un peu comme si les boulangers se déchiraient sur ce qui définit la farine. La bataille n’est pas toujours simple à comprendre. Même les experts s’avouent un peu déboussolés. Le 1er juin, l’ancien économiste en chef (2008-2015) du Fonds monétaire international Olivier Blanchard postait sur X : « Je dois avouer ma totale confusion (suis-je le seul ?). » Essayons pourtant d’y voir plus clair. Dans le sillage du rapport de Mario Draghi, l’ancien président de la Banque centrale européenne, sur l’Europe, rendu public le 9 septembre 2024, le camp Aghion s’alarme d’un « décrochage » de la productivité européenne par rapport à celle des Etats-Unis. Et l’irruption de l’intelligence artificielle (IA) menace d’aggraver la situation. En face, Krugman se montre rassurant : il y a un décalage technologique, certes, mais il ne se traduit pas par une baisse relative de la prospérité européenne. Le choix du temps libre Pour établir leurs comparaisons, les deux camps s’appuient chacun sur les PIB par habitant, mais avec des approches différentes. La méthode classique (camp Aghion) revient à comparer la croissance par habitant après neutralisation de l’inflation. Mesuré ainsi, l’écart entre Etats-Unis et Europe n’a cessé de se creuser depuis trente-cinq ans. Si la France avait connu la même hausse de la productivité que les Etats-Unis depuis le début des années 1990, son PIB serait aujourd’hui plus élevé, de 18 %. Il vous reste 51.24% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
La bataille des économistes Philippe Aghion et Paul Krugman sur le décrochage de l’Europe
CHRONIQUE. Philippe Aghion, « Prix Nobel d’économie » 2025, constate un décrochage inquiétant de la productivité européenne comparée à celle des Etats-Unis tandis que Paul Krugman, « Prix Nobel d’économie » 2008, souligne le maintien de la prospérité du Vieux Continent. Serait-il possible qu’ils aient tous les deux raison ?, s’interroge Pascal Riché, journaliste au « Monde », dans sa chronique.









