Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats International International International Chronique Alain Frachon Chroniqueur au « Monde » Crise financière, guerres, Covid-19… la série de chocs extérieurs ininterrompus depuis plusieurs années mine la confiance de nos citoyens dans la démocratie représentative, observe dans sa chronique Alain Frachon, chroniqueur au « Monde ». Publié aujourd’hui à 13h03 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Certaines des plus solides démocraties libérales seraient devenues « ingouvernables ». L’expression va bien au-delà des revendications économiques et sociales le plus souvent avancées : pouvoir d’achat, sécurité, immigration. Elle pointe une série de pathologies allant de l’instabilité politique à l’inaptitude aux réformes profondes, sur fond d’intranquillité sociale et de radicalisation des opinions. Un mélange d’individualisme exacerbé et d’insatisfaction collective, qu’exploitent à plaisir les protestataires de la droite de la droite et de la gauche de la gauche. En Allemagne, en France, au Royaume-Uni, les grands partis de gouvernement sont en perte de vitesse accélérée. Longtemps dominé par l’alternance entre centre droit et centre gauche, le paysage politique se fracture. « Les partis centraux s’affaissent, la droite extrême grimpe, la gauche radicale progresse », résume la professeure de science politique américaine Nancy Fraser, dans un entretien au Monde fin mai. Les sondages révèlent la perte de confiance des citoyens dans les institutions de la démocratie représentative. Gauche divisée, droite de gouvernement éclatée, majorité parlementaire introuvable, chef de l’Etat isolé : à un an de l’élection présidentielle, le profil politique de la France est celui que décrit Nancy Fraser. En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz « fête » sa première année à la tête du gouvernement fédéral avec une cote d’impopularité record. Son alliance politique – le centre droit, la CDU, associé au SPD, le centre gauche – est minée par les désaccords, tandis que progresse l’ultradroite de l’AfD. Un bastion de maturité politique en Europe est-il en train de céder ? Depuis 1945, la palme de la stabilité revenait au Royaume-Uni. Elle prenait la forme d’une tranquille alternance au pouvoir entre les travaillistes du Labour et les conservateurs du parti tory, avec, en variable d’ajustement, les libéraux ou les lib-dem. Ce chapitre de l’histoire du pays a pris fin : depuis dix ans, six premiers ministres… Il vous reste 64.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Dans les démocraties libérales, le moment de bienveillance dont bénéficient nos dirigeants politiques ne dépasse pas six mois »
CHRONIQUE. Crise financière, guerres, Covid-19… la série de chocs extérieurs ininterrompus depuis plusieurs années mine la confiance de nos citoyens dans la démocratie représentative, observe dans sa chronique Alain Frachon, chroniqueur au « Monde ».









