Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Emploi Emploi Emploi Conditions de travail Conditions de travail Conditions de travail Dans un essai passionnant consacré à la chirurgie, le professeur de sociologie Gérard Dubey montre que l’intelligence artificielle et ses prévisions statistiques peuvent être mises en défaut par l’« infinie variabilité individuelle du vivant ». Face à elles, l’intelligence du chirurgien demeure essentielle dans la conduite du processus opératoire. Article réservé aux abonnés Les chirurgiens deviendront-ils, demain, de simples « gestionnaires de système » ? Dans Le Chirurgien et l’Algorithme (PUF, 404 pages, 24 euros), essai stimulant du professeur de sociologie Gérard Dubey, un professionnel de santé, chef de service en chirurgie digestive, évoque les progrès de la robotique et de l’intelligence artificielle (IA). Il anticipe un jour prochain où, selon lui, « les industriels du robot (…) seront en mesure de faire (…) du GPS, de la navigation complexe [dans le corps des patients] et de sécuriser la chirurgie ». Ce sera alors le chirurgien qui « accompagner[a] le robot et non l’inverse », conclut-il. La profession de chirurgien, telle qu’on la connaît aujourd’hui, est-elle amenée à disparaître, face à la poussée technologique ? C’est l’une des nombreuses questions vertigineuses posées par la progression de l’IA, et dont se saisit M. Dubey dans son ouvrage. Pour ce faire, le chercheur nous entraîne dans les coulisses de l’activité chirurgicale, livrant les résultats d’une enquête de trois ans dans des services hospitaliers en France et au Maroc. Enquête passionnante qui permet d’approcher toute la complexité du processus opératoire, notamment en amont de l’intervention. On comprend l’importance des interactions entre professionnels pour affiner la stratégie, mais aussi celle des rendez-vous avec les patients, où le chirurgien doit parfois « faire parler les silences ». On découvre aussi la préparation mentale des professionnels de santé, quelques heures avant l’opération, reproduisant les gestes à venir, tels des skieurs anticipant leur descente. Lire aussi l’enquête | Article réservé à nos abonnés Les robots investissent le bloc opératoire On comprend surtout que l’incertitude règne en salle d’opération : « Trouver le passage (le bon angle, la bonne voie) pour “naviguer” dans le corps n’est jamais joué d’avance », résume l’auteur. « Il s’agit moins de programmer que d’apprendre à vivre avec ce désordre, à le déjouer », de « composer avec une réalité revêche et agissante ». Des leurres Il vous reste 50.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.