Publié le 06/06/2026 18:26

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Avec les progrès de l'intelligence artificielle, son utilisation se multiplie, notamment dans la médecine. Notre prochain médecin sera-t-il un humain ou un algorithme ?

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Radiologie, dermatologie ou chirurgie, l'intelligence artificielle s'invite dans les hôpitaux, jusqu'à faire craindre un remplacement total des médecins. "Les médecins seront bientôt remplacés par l'IA." "Médecin, c'est comme comptable. Le chômage, c'est pour bientôt", pronostiquent certains internautes. Notre prochain médecin sera-t-il un humain ou un algorithme ?Pour le savoir, nous sommes allés à l'Institut Curie à Paris. Le docteur Sarah Watson est oncologue. L'intelligence artificielle, elle l'utilise déjà depuis trois ans pour trouver l'origine de certains cancers. Son taux de succès : 70 %. "Ce qu'on voit, c'est que la machine est capable de nous dire que des métastases cérébrales viennent d'un cancer du sein ou viennent d'un cancer du rein", explique Sarah Watson, oncologue médicale et cheffe du département des essais cliniques précoces de l'Institut Curie.Les données, nombreuses et complexes, seraient impossibles à analyser pour un cerveau humain. Alors, l'IA est indispensable, mais pas encore autonome. "Cet outil-là ne remplacera jamais un oncologue pour la prise en charge d'un cancer de primitif inconnu parce qu'il faut qu'on puisse confronter les données à autre chose et être d'accord sur le diagnostic. Mais par contre, cet outil-là vient clairement nous aider dans ce qu'on est capable de faire en termes de diagnostic, de précision et donc d'accès à des traitements personnalisés", détaille Sarah Watson. Donc, l'oncologue entièrement automatisé, ce n'est pas vraiment pour tout de suite.En revanche, du côté du service de radiologie, la menace de l'IA est un peu plus concrète. Par exemple, l'algorithme peut détecter des lésions invisibles à l'œil nu sur des mammographies. Et un radiologue assisté par l'IA détecte jusqu'à 29 % de cancers du sein en plus. Mais pour le docteur Caroline Malhaire, là encore, la supervision humaine reste indispensable. Car l'IA peut commettre des erreurs. Le risque le plus concret pour l'instant, c'est que l'humain se repose trop sur l'algorithme et qu'il ne soit plus capable de repérer ses erreurs. "Des études de lecture montrent que les jeunes générations, ou les moins experts, sont plus à risque d'accepter une conclusion erronée de l'intelligence artificielle", assure Caroline Malhaire, radiologue et chercheuse associée à l’Institut Curie.Certaines spécialités médicales sont en revanche un peu plus à l'abri, car il y a une chose que l'IA ne peut pas remplacer, d'après un chercheur : le lien direct et humain avec le patient. "Les domaines où le risque pour le médecin sera le plus faible sont ceux où l'interaction humaine reste importante. Les soins primaires, la prévention, voire des spécialités comme la cardiologie et l'urologie où l'on ne pratique pas l'intervention chirurgicale, mais où on pose un diagnostic et on accompagne le patient tout au long de son parcours de soins", affirme David Dranove, docteur en économie, professeur de gestion de l'industrie de la santé à l'Université Northwestern et membre de l'Académie nationale de médecine.Donc, pour le moment, l'IA vient surtout assister les médecins pour améliorer les diagnostics, par exemple, ou détecter en avance certaines maladies. Mais à terme, aura-t-on vraiment envie d'être soigné uniquement par une intelligence artificielle ? Pas si sûr.Etudes et sources institutionnelles :Site internet de l'Institut Curie - L’Institut Curie développe un outil d’intelligence artificielle pour diagnostiquer les cancers d’origine inconnue "Performances et caractéristiques du dépistage du cancer du sein détecté dans l'essai MASAI (Mammography Screening with Artificial Intelligence)", 2025, The Lancet Digital Health (lien en anglais)"Intelligence artificielle, évolution de la chaîne de valeur des soins de santé et avenir du médecin", NBER, 2024, David Dranove et Craig Garthwaite (lien en anglais)Experts : Sarah Watson, oncologue médicale et cheffe du département des essais cliniques précoce de l'Institut Curie Caroline Malhaire, radiologue et chercheuse associée à l’Institut Curie David Dranove, Docteur en Économie, Professeur de gestion de l'industrie de la santé à l'Université Northwestern et membre de l'Académie nationale de médecine :Liste non exhaustive