Publié le 03/06/2026 10:01

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Pourquoi la figure du général de Gaulle fascine-t-elle toujours autant ? À l'occasion de la sortie ce mercredi 3 juin du film "La Bataille de Gaulle : l’âge de fer", franceinfo reçoit Jean Garrigues, qui décrypte l'importance du militaire et ex-président de la République pour nos responsables politiques.

Ce mercredi 3 juin sort La Bataille de Gaulle : l’âge de fer, premier volet d'un nouveau biopic sur le général de Gaulle, porté par Simon Abkarian dans le rôle-titre, et réalisé par Antonin Baudry, le cinéaste derrière Le Chant du loup et la bande dessinée sur la politique Quai d'Orsay. Pourquoi, 56 ans après sa mort, la figure du général de Gaulle est-elle encore aussi présente, à la fois d'un point de vue culturel, au cinéma, mais aussi dans la classe politique, où tous les dirigeants, tous les candidats, ou presque, se revendiquent gaullistes ? Pour en parler, Jean Garrigues, historien, président de la Commission internationale d'Histoire des assemblées, est l'invité de "La Matinale".Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Jean-Baptiste Marteau : Vous avez écrit ce livre sur un autre De Gaulle, qu'on ne connaît pas forcément, A la plage avec Charles de Gaulle : L'homme providentiel dans un transat.Jean Garrigues : Je précise que ce ne sont pas les histoires du général de Gaulle en vacances, c'est à lire à la plage !Évidemment, c'est un autre De Gaulle que vous voulez aborder, cette figure qui est en tout cas toujours présente. C'est fou, 56 ans après la mort du Général de Gaulle, on a encore des projets comme le film qui sort ce mercredi. Peut-être qu'on apprend encore des choses sur le Général… En tout cas, le grand public découvre peut-être son héritage, ce qu'il incarnait.Il faudra toujours renouveler la mémoire du général de Gaulle, parce que c'est le père fondateur. C'est le dernier héros de notre histoire contemporaine. "Après lui, il n'y aura plus rien", disait Malraux. Ça reste quand même le héros, le sauveur du 18-Juin 1940. Certains pensent qu'il est à nouveau le sauveur en mai 1958. Il nous sauve de la IVe République, qui pataugeait dans la guerre d'Algérie ; même s'il a mis ensuite quatre ans, aussi, lui, pour trouver une solution au conflit. Enfin, oui, il y a cette image-là du sauveur et puis cette image du père fondateur. C'est quand même le père fondateur de la Ve République. Puis, c'est surtout une référence de quelque chose qui s'est perdu.Mais une référence de quoi ? On regardait tout à l'heure tous les politiques qui ont cité De Gaulle ces deux derniers mois dans leurs discours : Sébastien Lecornu, Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, Bruno Retailleau, ou encore Marine Le Pen… Ils disent tous : "Je suis gaulliste". C'est une référence de grandeur, de rupture aussi. On est dans une préparation d'élections présidentielles, il va falloir faire rêver les Français. Le seul qui les a fait rêver dans les 50 années qui viennent de s'écouler, c'était le Général de Gaulle. Peut-être François Mitterrand en 1981 avec l'alternance, mais il y a cette part de prophétie et de rêve servie par une volonté, une énergie, une intransigeance, des doutes aussi, parce que le Général de Gaulle a passé sa vie à douter. Tout ça, ce sont des valeurs, ce sont des idées qu'on a perdues aujourd'hui. On le voit très bien.Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.