Publié le 02/06/2026 22:56

Mis à jour le 02/06/2026 23:01

Temps de lecture : 2min - vidéo : 3min

A un an de la présidentielle, tout le spectre politique trouve une filiation avec le général De Gaulle. Tour d'horizon.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.C'est devenu un refrain. Tous bords confondus, les politiques se revendiquent gaullistes. Mais ces références à l'homme du 18 juin sont-elles justifiées ? Ou trahissent-elles son action ou sa pensée ? Pour le vérifier, France Télévisions a analysé les mots des dirigeants politiques lorsqu'ils parlent du général de Gaulle, dans leurs discours ou leurs interviews.Résultat, chacun choisit la part qui l'intéresse pour son propre récit. À droite, par exemple, Bruno Retailleau insiste sur l'homme qui a changé les institutions du pays, avec les mots "majorité", "national" ou "constitution". Pour Édouard Philippe, les mots "pays", "État" et "souveraineté" marquent sa volonté d'indépendance pour la France.Plus surprenantes, les références à De Gaulle de Jean-Luc Mélenchon, selon une spécialiste des mots en politique. "La France, la belle rebelle, comme il avait dit à un moment, la France qui se lève, l'insoumise. Ça peut être une figure gaulienne. Il va chercher cela, l'esprit de résistance et de révolte. Il ne va pas chercher un révolutionnaire. Il va chercher parce qu'il sait que De Gaulle est un role model", analyse Mariette Darrigrand, sémiologue et auteure de Ces mots qui font peur aux Ed. Encre de Nuit.À noter également, la conversion récente de Marine Le Pen au gaullisme. "C'est tout à fait paradoxal, compte tenu de l'histoire de l'extrême droite en France, qui était vraiment opposée au général. Soixante-dix ans plus tard, c'est au contraire une sorte de copier-coller. Elle se pose surtout sur le général de Gaulle, chef de la France", poursuit la sémiologue.Des citations en pagaille, à gauche comme à droite, et parfois même des clins d'œil très appuyés. Comme en 2021, lorsqu'Éric Zemmour annonce sa candidature à la présidentielle avec une référence directe à l'appel du 18 juin : "Il n'est plus temps de réformer la France, mais de la sauver." À l'époque, la Fondation Charles de Gaulle avait tiré la sonnette d'alarme. Aujourd'hui, tous se réclament du général, mais en sont-ils pour autant des héritiers légitimes ? Non, car pour la Fondation de Gaulle, il ne suffit pas de le citer. "On ne peut pas faire son marché avec De Gaulle, il faut prendre tout. Pour être gaullien, il faut croire en certains nombres de fondamentaux : la souveraineté, l'État, la cohésion de la société et une certaine dimension morale de la politique. Ensuite, chacun s'y reconnaîtra", cadre Arnaud Teyssier, le président du conseil scientifique de la Fondation Charles de Gaulle.À un an de l'élection présidentielle, le général de Gaulle semble être une référence politique incontournable pour qui veut un jour diriger le pays.