Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Etienne Maury/item pour M Le magazine du Monde M le mag M le mag Syndicats Syndicats Syndicats Par Etienne de Metz Publié aujourd’hui à 08h00 Article réservé aux abonnés ReportagePour les jeunes gardiens de troupeau, la dureté du métier, souvent choisi par passion, n’est pas une fatalité. Regroupés en syndicat, ils veulent peser sur les éleveurs, pour obtenir notamment une meilleure rémunération, tandis que l’ONU a proclamé 2026 année internationale du pastoralisme. Ils se sont donné rendez-vous dans le Trièves, dans le sud de l’Isère. La dentelle des crêtes du massif alpin n’est pas loin, la petite commune de Chichilianne non plus, au pied des reliefs que l’écrivain Jean Giono (1895-1970) a dépeint avec délice. Dans quelques semaines, les bergers partiront dans les alpages, qu’on appelle aussi « estives », pour une saison au grand air. Le romantisme s’arrête ici et les protagonistes du jour préfèrent Marx à Pagnol. « On en a ras le bol qu’on nous prenne pour des cartes postales vivantes », lance Marie Claire Peyrani, soucieuse « de porter la parole du groupe ». La gardienne aguerrie est membre du Syndicat des gardiens de troupeau (SGT), affilié à la CGT. Elle traîne derrière elle une longue expérience d’étés passés sur les sommets et partage avec la vingtaine de camarades présents un aigre ressenti : « Nos conditions de travail sont indignes : on ne demande pas qu’on rase les montagnes, on veut simplement pouvoir chauffer notre cabane et notre eau et que nos salaires soient à la hauteur de nos tâches. » Alors que l’ONU a décrété 2026 année internationale du pastoralisme, dans le Trièves, l’heure est à l’organisation pour les bergers. A la veille du 1er-Mai, les pâtres syndiqués se sont réunis pour trois jours de formation. Au programme : lutte paysanne et droit du travail. Moyenne d’âge : 30 ans. Car l’un des plus vieux métiers du monde n’a de syndicat consacré, en France, que depuis 2013. En cause, l’ambiguïté du statut de ces baby-sitters des hauteurs. Les bêtes qu’ils gardent ne sont souvent pas les leurs mais celles des éleveurs, leurs employeurs. « Pendant très longtemps, les bergers étaient donc représentés par leurs propres patrons dans les commissions paritaires », explique Guillaume Lebaudy, ethnologue et docteur en anthropologie sociale à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, à Paris. Il vous reste 77.06% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.