Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Un si Proche Orient Un si Proche Orient Un si Proche Orient Chronique Jean-Pierre Filiu Professeur des universités à Sciences Po Que Mahmoud Ahmadinejad ait été envisagé pour diriger de nouveau l’Iran en dit long sur l’effondrement intellectuel de l’alliance israélo-américaine, observe l’historien Jean-Pierre Filiu dans sa chronique. Publié aujourd’hui à 07h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le mot « renseignement » se traduit en anglais par intelligence. De fait, l’accumulation de données est un exercice vain si elles ne sont pas interprétées dans un cadre opérationnellement cohérent parce qu’intellectuellement correct. La faillite historique du renseignement israélien, le 7 octobre 2023, repose sur cette incapacité à traduire une masse d’informations en conclusions lucides et solides. Cette faillite n’a fait que s’accentuer avec la guerre d’anéantissement de Gaza, la liquidation par Israël d’une bonne partie de la direction et de l’encadrement du Hamas n’ayant pas remis en cause la domination islamiste sur ce qu’il reste de l’enclave palestinienne. La même erreur d’appréciation a conduit au lancement, le 28 février, de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran. La certitude d’éliminer d’emblée le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et son cercle rapproché a suffi à déclencher une guerre dont la conduite s’est rapidement révélée hasardeuse, l’élimination des autres dirigeants identifiés tenant lieu de politique. A l’évidence, le président des Etats-Unis, Donald Trump, a été grisé par le succès du raid américain sur Caracas, mené aux premières heures du 3 janvier. Cette opération, aussi spectaculaire que complexe, a permis l’enlèvement du président du Venezuela, Nicolas Maduro, et de son épouse, inculpés de « narcoterrorisme » dès leur arrivée aux Etats-Unis. Edmundo Gonzalez Urrutia, qui avait revendiqué la victoire contre M. Maduro au nom de l’opposition, lors du scrutin présidentiel très contesté de juillet 2024, s’est déclaré prêt à assumer le pouvoir. Il a été soutenu en cela par Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix 2025, qu’elle avait dédié « au peuple du Venezuela et au président Trump ». Mme Machado a été reçue par M. Trump, qu’elle espérait amadouer en lui offrant son propre prix Nobel. Cependant, le locataire de la Maison Blanche n’avait aucune envie de soutenir une transition politique au Venezuela. Il a préféré de loin pactiser avec la vice-présidente, Delcy Rodriguez, devenue cheffe de l’Etat par intérim, qui a accepté une forme de tutelle des Etats-Unis, notamment sur les hydrocarbures du Venezuela. Il vous reste 61.8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.