Les frappes d’Israël contre la République islamique d’Iran ont produit un effet de sidération complet : le monde entier assiste à l’escalade militaire entre les deux ennemis en hésitant sur la direction à prendre. Entre les ambitions annoncées de Benyamin Nétanyahou de créer un « nouveau Moyen-Orient », la perspective d’un réengagement militaire américain dans une région où Donald Trump préférerait pourtant signer de juteux contrats, et la possibilité d’un écroulement du régime iranien déjà drastiquement affaibli, les fondamentaux sont effectivement secoués.
La recomposition régionale était en réalité déjà en cours, ce qui occasionne par définition une instabilité forte et des surprises stratégiques, mais confirme aussi des tendances de fond. En se décentrant un peu de la vision géopolitique israélienne, qui présente un angle très étroit, et tout sauf empathique, nous devrions nous rappeler que nous nous situons dans un monde postérieur au 11-Septembre et à l’intervention américaine en Irak, un monde qui a connu le terrorisme et la « guerre contre le terrorisme » (réponse des Etats-Unis aux attentats du 11-Septembre), les « printemps arabes » et de nombreuses guerres civiles – guerres (Afghanistan, Libye, Yémen, Syrie) auxquelles les Occidentaux ont été en partie mêlés, mais qui ont scellé leur impuissance et aiguisé les compétitions de puissances locales.






