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enyamin Nétanyahou a paru bien isolé durant la tournée de Donald Trump, du 13 au 16 mai, dans le Golfe. Lors du retour du républicain à la Maison Blanche, le premier ministre israélien s’imaginait en tête de proue d’une reconfiguration régionale – un nouveau Moyen-Orient débarrassé de la menace de l’Iran et de ses affidés – par la force, dans le prolongement de la guerre qu’il mène dans la bande de Gaza depuis octobre 2023. Il n’a pu qu’acter le fossé grandissant avec le président américain, qui se voit en « faiseur de paix » et en « unificateur » au Moyen-Orient, et fait désormais d’un accord avec l’Iran la clé de voûte de sa vision pour une paix régionale.
Lors de sa visite à Riyad, Doha et Abou Dhabi, M. Trump a affiché sa convergence de vue avec les monarques du Golfe, qui font, eux, le pari de la détente avec l’Iran et du développement économique pour ramener la paix et la stabilité au Moyen-Orient. Erigés au rang de partenaires privilégiés par le président républicain, les dirigeants sunnites du Golfe – et de la Turquie – se voient confier un rôle de premier plan dans la nouvelle architecture régionale, tandis qu’Israël, braqué sur une posture maximaliste, perd en influence sur les dossiers régionaux, à l’exception du dossier palestinien, où l’administration Trump lui laisse encore carte blanche.






