Cette exposition a une grande vertu : celle de nous rappeler qu’une ville, ce n’est pas l’addition de bâtiments exemplaires du point de vue architectural, ni même de bâtiments bien intégrés visuellement à ceux qui les entourent. Il s’agit d’aller encore plus loin dans cette idée développée par l’architecte Louis Kahn : ne pas seulement construire ce que les matériaux utilisés ou le bâtiment peuvent et veulent être, mais surtout de faire naître ce que le site désire incarner.Cette expo, montée par Giovanna Borasi, directrice du Centre canadien d’architecture (CCA), mais aussi commissaire, remet donc en question la scission entre la pratique de l’architecte et celle de l’urbaniste. Elle dévoile une approche de la ville fondée sur une vision d’ensemble, une « pensée intégrée ». Une séparation qui, selon Borasi, « est encore plus marquée au Québec, au Canada et en Amérique ». Le texte de présentation indique clairement comment « l’architecture de la ville et l’architecture dans la ville sont aujourd’hui rarement élaborées simultanément ou engagées dans un dialogue véritablement fécond ».Álvaro Siza, né à Porto, au Portugal, en 1933, a su interpeller la ville dans son ensemble, sachant, selon Borasi, travailler à cette échelle. Et pour Borasi, il n’y avait pas encore eu d’expo montrant aussi explicitement comment Siza a travaillé sur le concept de projet urbain. Voilà qui est désormais corrigé.
À l’écoute du lieu : un modèle à suivre
L’architecte portugais Álvaro Siza est à l’honneur au CCA. Une expo qui devrait interpeller de nombreux planificateurs urbains.












