Publié le 29/05/2026 22:42

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Une nouvelle génération est-elle en train de trouver dans la pratique intensive du sport un chemin d’épanouissement ? C’est une tendance qui s'accentue autour de la musculation ou du running, alimenté par une visibilité des performances sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, de plus en plus de salles ont fait le choix de rester ouvertes toute la nuit, et les clients sont au rendez-vous.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.À l'heure où certains partent se coucher, difficile de dénicher une place sur le parking d'une salle de sport. Car, 24 heures sur 24, les amateurs de fonte et de cardio s'y entraînent sans relâche, même au cœur de la nuit. Idéal pour les sportifs qui travaillent en horaires décalés. "On sort, en travaillant en restauration, à 22h30, 23h. Du coup, nous, en journée, c'est impossible qu'on puisse s'entraîner. Donc là, franchement, tu viens, c'est ouvert, il y a de la lumière, la musique, c'est un peu énergisant", témoigne un adepte. Celui qui l'accompagne acquiesce : "Moi, je commence à 5h du matin. La dernière fois, je suis venu à 3h, j'ai fini à 4h30, je suis allé au travail direct."Depuis six mois que la salle a ouvert en continu, deux frères boxeurs préfèrent s'affronter la nuit, avant de s'endormir à poings fermés. "C'est mon meilleur remède pour dormir. On rentre à la maison, on prend une douche, on dort direct. C'est un somnifère", explique l'un d'eux. "On est beaucoup plus concentré, moins de distractions, il y a moins de gens auxquels on serre la main, etc. On est vraiment focus sur ce qu'on doit faire", confirme son frère.Argument de poids : la présence permanente d'un agent qui veille et peut conseiller à tout moment les clients. "On se sent vraiment très en sécurité", confie une sportive. Elle ajoute qu'elle "ne viendrait pas" s'il n'y avait personne pour assurer la sécurité. "On a énormément de femmes qui viennent la nuit pour être plus tranquilles. Quand on sait qu'il y a toujours un agent qui est présent, du coup, on est plus à l'aise", souligne Ophélie Mermoz, manager "On Air Fitness" à Saint-Brice-sous-Forêt.La nuit, pour fuir une vie trépidante où chaque minute est comptée, Antoine Gueranger court régulièrement, vers minuit ou une heure du matin, sur plus d'une dizaine de kilomètres. Une manière différente de redécouvrir Paris et sa banlieue. "J'avais couru plusieurs fois pour aller jusqu'à Versailles et faire l'aller-retour où, pendant ma sortie, je ne croise absolument personne. On peut un peu plus se concentrer sur ce qui se passe en termes d'architecture, les différents bâtiments à côté desquels on passe", pointe-t-il.Sur les réseaux, ce consultant poste ses entraînements, comme ce record : 52 kilomètres en cinq heures. Moins de trafic, plus de liberté, sauf les week-ends où il faut tout de même un peu slalomer. "C'est moins pollué, il y a moins de gens qui fument, donc il y a moins d'odeur de clope, moins de fumée, il y a moins de voitures, donc moins de pollution. En vrai, c'est le bénef pour tout le monde, puis de manière générale", commente le sportif.Des températures plus favorables la nuit pour courir, et se préparer aux trails nocturnes. Pour d'autres, fin de soirée rime avec plongée. Une piscine parisienne ouvre jusqu'à 23 heures. Deux nageurs pour se partager un couloir, contre une quinzaine en pleine journée ; du sport et de la détente à la clé. "On met de la musique, il y a des rencontres qui peuvent se faire", explique un adepte. Pour d'autres, c'est surtout l'occasion de se relaxer après une grosse journée. Un autre décrit : "Une ambiance très calme, très sereine, un peu mystique." "Ça recentre sur soi-même, ça fait le vide dans [nos] pensées", souligne un autre. "Il y a un effet massant avec l'eau, donc il y a certaines personnes qui y vont parfois pour cette détente-là, et qui dorment mieux derrière", indique Xavier Fleury, directeur de l'espace sportif Pontoise - Paris (5e arr.).