Le Canada vient d’entrer en « récession technique », selon les plus récentes données sur la croissance économique au pays publiées vendredi par Statistique Canada. Mais s’agit-il d’une vraie récession ? Le Devoir fait le tour de la question avec des experts.
Sommes-nous en récession ?« Pour le moment, la réponse est non », lance sans détour Stéfane Marion, économiste et stratège en chef de la Banque Nationale.Certes, le produit intérieur brut (PIB) réel a reculé pendant deux trimestres consécutifs, selon les plus récentes données de Statistique Canada. Il s’agit de la définition traditionnelle d’une récession dite « technique ». Mais les données sur la croissance sont à nuancer, selon l’expert, car le ralentissement observé n’est pas généralisé à l’ensemble de l’économie.« Sur 20 industries, il y en a 8 qui sont baisse, et 12 en hausse. Donc, plus de la moitié des industries continuent d’afficher une croissance positive », souligne M. Marion, qui siège au Conseil de la politique monétaire de l’Institut C.D. Howe, lequel statue traditionnellement si le Canada est en réelle récession.« On sait qu’on est sur un terrain de ralentissement », reconnaît Dalibor Stevanovic, titulaire de la Chaire en macroéconomie et prévisions de l’Université du Québec à Montréal. Mais pour parler de récession, on doit voir une contraction de l’économie de forte ampleur et qui perdure dans le temps — ce qui n’est pas le cas présentement, observe-t-il.Au-delà du PIB, il convient aussi regarder d’autres indicateurs comme l’emploi, l’investissement et la consommation pour diagnostiquer une économie, ajoute M. Stevanovic. Et pour l’instant, ces facteurs lui portent à croire que l’économie tient le coup.Jimmy Jean, économiste en chef de Desjardins, estime lui aussi que tous les critères ne sont pas réunis pour parler d’une vraie récession. « On est plus face à un profil de croissance en dents de scie. Beaucoup de hauts et de bas. C’est ça qu’on va vivre dans les prochains trimestres », entrevoit-il.











