Grâce aux données cumulées par la SAAQ sur les accidents automobiles, des chercheurs ont découvert que pendant les jours qui précèdent et suivent le Grand Prix du Canada à Montréal, 37 % plus de collisions automobiles à haute vitesse ont lieu. Ils ont étudié la période de 2000 à 2022 et ont comparé les données pour Montréal, Laval et Longueuil avec celles de Sherbrooke et Québec« On compare avec ce qui s’est passé deux semaines avant la course. Ensuite, on compare entre la région de Montréal [et les villes qui n’accueillent pas la compétition] », explique l’un des chercheurs derrière l’étude, José Ignacio Nazif-Munoz. Ses travaux s’intéressent à la sécurité routière, notamment comment mettre en place différents types d’intervention pour protéger les citoyens.Son équipe s’est concentrée sur les accidents où la vitesse est en cause, et non la consommation d’alcool ou de drogue.Même si son étude n’identifie pas la cause exacte de cette augmentation, le chercheur se permet des hypothèses. Selon lui, la métropole est exposée « à l’esprit de la formule 1 », ce qui pourrait inciter les automobilistes à prendre plus de risques. « En vivant à Montréal, j’ai vu que la ville change [pendant le Grand Prix]. Tu vois au centre-ville, il y a beaucoup de promotion, c’est un événement festif », constate le professeur associé à l’Université de Sherbrooke.L’étude ne se limite pas seulement à Montréal, puisque selon lui la délimitation territoriale de l’influence du Grand Prix est « dynamique ». C’est pourquoi il a inclus Laval et Longueuil dans son échantillon.Les touristes en cause ?« Pendant le Grand Prix, on reçoit beaucoup de personnes qui viennent des États-Unis », observe le chercheur. Il pose donc la question suivante : « Est-ce que les collisions routières étaient liées à des personnes de nationalité américaine ? »Malheureusement, les données observées n’offrent pas la réponse. Mais il croit tout de même que plus devrait être fait pour préparer Montréal et atténuer les risques liés au phénomène.« Peu importe si les accidents sont causés par des Américains ou des Canadiens, Montréal peut faire des choses. On peut donner des pistes d’intervention qui aident à réduire la vitesse », comme davantage de contrôles policiers ainsi que l’utilisation du radar, explique-t-il.« On ne veut pas dire d’annuler le Grand Prix », se défend José Ignacio Nazif-Munoz. « C’est simplement de voir comment on peut améliorer les choses pour avoir un événement qui est plus agréable et sécuritaire pour tous. [...] On doit protéger les citoyens de la ville. »