La Société des traversiers du Québec (STQ) a reçu deux fois plus de subventions gouvernementales depuis l’accession de la Coalition avenir Québec au pouvoir, mais son niveau de service, lui, demeure inchangé depuis 2018.« Il y a place à amélioration », a reconnu mercredi le ministre responsable de la Stratégie maritime, Bernard Drainville. Ce dernier répondait aux interventions du député libéral Monsef Derraji qui, à l’occasion de l’étude des crédits budgétaires sur la stratégie maritime, égrainait la tendance financière de la STQ au cours des huit dernières années.« On va commencer avec les coûts d’exploitation : augmentation de 86 % si on prend l’année de référence 2018-2019 par rapport à cette année », a commencé l’élu de Nelligan. « Coûts d’administration de la STQ, a-t-il poursuivi, ça c’est une augmentation de 159 %. Coût de transport : augmentation de 60 %. Le déficit annuel de la STQ : augmentation de 726 %. »Pendant ce temps, a poursuivi le porte-parole libéral en matière de transports, « la subvention gouvernementale est passée de 116 millions de dollars à plus de 25 millions de dollars. « C’est une augmentation de 118 % », a insisté Monsef Derraji en soulignant que le niveau de service à la STQ demeure inchangé depuis 2018-2019.« Trouvez-vous ça normal ? » a insisté l’élu libéral.La présidente et directrice-générale de la STQ, Greta Bédard, se trouvait à la droite du ministre et député de Lévis pour répondre aux questions des oppositions. Elle a pointé « une indexation de 78,9 % » depuis les cinq dernières années pour expliquer en partie les résultats mis en lumière par le Parti libéral.« Il y a une grosse partie que vous voyez, c’est vraiment les coûts d’entretien, de réparation et cales sèches des navires qui ont explosé, et pas juste à la STQ, mais dans l’ensemble de l’industrie maritime canadienne et internationale, a-t-elle souligné. Deuxième élément, nous avons aussi acquis des nouveaux navires, a ajouté Mme Bédard. La subvention n’est pas uniquement au niveau des services clients, il y a aussi les actifs qu’on a acquis dans les dernières années. »Un reportage du journal Le Soleil paru en janvier dernier faisait état de pannes qui affectent le réseau des traversiers par centaines, voire par milliers annuellement — avec un sommet de 2762 traversées annulées entre Sorel-Tracy et St-Ignace-de-Loyola pour la seule année 2024.Bernard Drainville, qui a évoqué son enfance passée à La-Visitation-de-l’Île-Dupas, près de St-Ignace-de-Loyola, à voyager sur les eaux du fleuve pour aller profiter des boutiques sur l’autre rive à Sorel, a promis de porter « une attention toute spéciale aux activités de la Société des traversiers ».« Je ne veux pas lancer la pierre sans avoir pris pleinement connaissance de l’ensemble du dossier, a indiqué le ministre de l’Économie et de l’Énergie. Je pense que les gens de la Société des traversiers du Québec, ils veulent bien faire. Est-ce qu’on peut améliorer la performance de la Société des traversiers du Québec ? La réponse, c’est oui. Est-ce que je vais y travailler ? La réponse, c’est oui aussi. Est-ce que ça me tient à cœur ? Oui, beaucoup. »