En dix-huit mois, cinq élus de droite ont déposé au Parlement des textes concernant les vélos: pour faire immatriculer les plus gros transporteurs, rendre le casque obligatoire ou encadrer le transport d’enfants. Des propositions présentées au nom de la sécurité, mais jugées peu applicables par leurs opposants
Sous la Coupole, le vélo s’est imposé comme un sujet de crispation politique. Depuis le rejet en votation de l’élargissement des autoroutes, les interventions parlementaires se sont multipliées: en à peine dix-huit mois, cinq objets issus des mêmes familles politiques ont ciblé la réglementation des cycles et de leurs usagers. Parmi eux: une motion pour immatriculer les vélos cargos et les longtails (Mauro Poggia, MCG/GE), une autre pour rendre le casque obligatoire et encadrer les vélos cargos familiaux (Daniel Sormanni, MCG/GE), une question sur la dangerosité des cheminements mixtes (Roger Golay, MCG/GE), une motion demandant d’étudier l’équipement de protection des cyclistes (Daniel Ruch, PLR/VD), et enfin une motion visant à instaurer une formation obligatoire et à réintroduire la vignette (Didier Calame, UDC/NE).Pourquoi cet intérêt soudain de la droite pour le vélo? «C’est un objet direct, bien délimité, qui apporte une forte visibilité», observe Patrick Rérat, géographe de la mobilité à l’UNIL. «Il y a une tendance à la polarisation des questions autour de la mobilité, due principalement au fait que, pendant longtemps, la voiture a dominé. Avec le succès grandissant du vélo, on doit lui donner des conditions adéquates, ce qui est perçu comme une atteinte par certains automobilistes.»












