A un an de l’élection présidentielle, le danger est grand de voir une campagne confisquée par des enjeux tactiques. Cette fin de printemps, où les initiatives fleurissent à gauche et au centre droit, est l’occasion pour plusieurs prétendants à l’Elysée – y compris ceux qui ne sont pas encore officiellement candidats – de se lancer dans la course. En moins de quinze jours, Gabriel Attal (le 30 mai), Jean-Luc Mélenchon (le 7 juin) et Raphaël Glucksmann (le 13 juin) tiendront de grands meetings pour compter leurs soutiens et faire autant de démonstrations de force. Trois semaines après, ce sera au tour d’Edouard Philippe de réunir ses supporteurs, le 5 juillet. Toutes ces personnalités politiques ont un point commun : celui de vouloir faire une campagne de vote utile dès le premier tour, en se présentant chacun comme l’unique recours contre l’extrême droite.
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Car là est bien toute la problématique de l’échéance de 2027 : « savoir non pas qui battra le Rassemblement national [RN] au second tour, mais qui peut le battre tout court », comme le résume Christophe Béchu, l’un des trois codirecteurs de campagne d’Edouard Philippe. Et, face à un RN représentant un tiers des suffrages, la multiplication des candidatures fait baisser mécaniquement le seuil de qualification au second tour. Ce qui aiguise les appétits politiques.












