Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Industrie pharmaceutique Industrie pharmaceutique Industrie pharmaceutique Tribune Matthieu Hocque Directeur général du think tank Le Millénaire Bertrand Pourroy Expert des questions pharmaceutiques Le directeur général du think tank Le Millénaire Matthieu Hocque et l’expert des questions pharmaceutiques Bertrand Pourroy plaident, dans une tribune au « Monde », pour que l’aide française au développement devienne un levier de sécurité sanitaire pour l’Afrique et l’Europe. Publié aujourd’hui à 14h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Jamais l’Europe n’a été aussi dépendante des chaînes d’approvisionnement asiatiques. Jamais les pénuries de médicaments essentiels dans nos hôpitaux n’ont été aussi importantes. Jamais les tensions autour du détroit d’Ormuz n’ont autant fragilisé la filière. La souveraineté européenne est le bon niveau de réponse, à condition qu’elle ne signifie pas uniquement un rapatriement des chaînes de production. Or le débat public se focalise sur cette dimension, oubliant que notre souveraineté dépendra aussi de la sécurité sanitaire des autres continents. A cet égard, la France dispose d’un atout qu’elle est en train d’abîmer : l’aide publique au développement (APD), qui doit impérativement être recentrée sur cette priorité. La France verse la majorité de son aide publique au développement (57 %) par le biais du canal bilatéral, ce qui représentait 7,8 milliards d’euros en 2023. En 2022, 59 % de ces engagements bilatéraux étaient déclarés sous le marqueur climatique, selon les critères du comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et développement économiques. Ces financements climatiques bilatéraux sont accordés à 85 % sous forme de prêts souverains, non de dons. Un tel système ne relève pas de la solidarité, mais d’une substitution de priorités doublée d’une aggravation de la dette. Cela incite des Etats parmi les plus fragiles du monde à s’endetter pour réparer un problème qu’ils n’ont pas créé. A l’autre bout du spectre, le financement direct de la santé par le truchement de l’Agence française de développement (AFD) pèse peu : 474 millions d’euros en 2023, soit 7 % de l’aide bilatérale. Pour un continent africain où la disponibilité des médicaments est structurellement insuffisante et la dépendance aux importations, quasi totale, cela n’est pas à la hauteur de l’urgence. Pire, la France a choisi de couper un tiers du budget de l’aide publique au développement. Sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, notamment, chute de 58 %, passant de 1,6 milliard d’euros pour 2022-2025 à 660 millions pour 2026-2028. Une décision lourde, au moment où l’Organisation mondiale de la santé juge le risque épidémique d’Ebola « élevé » en Afrique. En République démocratique du Congo, le virus est suspecté d’avoir fait 220 morts, alors même qu’il existe des vaccins. Il vous reste 62.04% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.