Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Virus Ebola Virus Ebola Virus Ebola Tribune Didier Cannet Médecin épidémiologiste humanitaire Alors que l’épidémie fait rage et que les combats s’intensifient, le médecin épidémiologiste humanitaire Didier Cannet alerte, dans une tribune au « Monde », sur l’urgence d’apporter une aide sanitaire et financière viable aux populations de la République démocratique du Congo. Publié aujourd’hui à 08h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Parler aujourd’hui des épidémies dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), c’est parler d’une guerre qui dure depuis trente ans. C’est parler d’un territoire où le choléra, la rougeole, le mpox ou Ebola ne sont plus des crises exceptionnelles, mais les manifestations répétées d’un effondrement politique et sanitaire profond. Depuis trois décennies, le Nord-Kivu, l’Ituri et une partie de la région des Grands Lacs vivent au rythme des conflits armés, des déplacements de population et de l’instabilité chronique. Des millions de personnes ont fui les combats. Autour de Goma notamment, des familles entières survivent dans des camps surpeuplés, ou sont forcées de retourner dans leurs villages dévastés, souvent sans accès suffisant à l’eau potable, à l’assainissement ou aux soins de santé. Dans ces conditions, les épidémies émergent. Le choléra prospère là où les réseaux d’eau ont disparu. La rougeole revient lorsque les campagnes de vaccination sont interrompues par l’insécurité. Le mpox circule dans des zones où les structures sanitaires manquent de moyens pour diagnostiquer, isoler et traiter rapidement les cas. Quant à Ebola, il reste une menace permanente dans une région où la défiance, la violence et la pauvreté compliquent chaque intervention. Pourtant, la RDC ne manque ni de compétences ni d’expertise. Les équipes congolaises de surveillance épidémiologique comptent parmi les plus expérimentées du continent africain. Après des années de lutte contre Ebola et ses 16 flambées épidémiques depuis 1976, les spécialistes congolais ont acquis une compétence remarquable dans la détection, l’alerte, la prévention et la sensibilisation des communautés. Cependant, la surveillance ne suffit pas lorsque l’Etat est absent, lorsque les routes sont détruites, lorsque les centres de santé sont pillés ou lorsque les humanitaires ne peuvent accéder aux populations à cause des combats. Le véritable problème est structurel. Dans de nombreuses zones de l’Est congolais, l’Etat ne parvient plus à assurer ses fonctions essentielles : sécurité, santé, éducation, infrastructures et protection des civils. Les systèmes de santé survivent grâce aux organisations non gouvernementales (ONG) internationales et aux financements extérieurs. Il vous reste 45.26% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Ebola : « L’est de la RDC n’a pas seulement besoin d’interventions d’urgence, mais d’un engagement durable »
TRIBUNE. Alors que l’épidémie fait rage et que les combats s’intensifient, le médecin épidémiologiste humanitaire Didier Cannet alerte, dans une tribune au « Monde », sur l’urgence d’apporter une aide sanitaire et financière viable aux populations de la République démocratique du Congo.
















