Publié le 25/05/2026 17:03
Mis à jour le 25/05/2026 17:04
Temps de lecture : 2min - vidéo : 2min
Le "13 Heures" se penche sur l'inquiétante disparition des boulangeries dans les petites communes. Manque de main-d’œuvre, hausse des prix des matières premières... Les fermetures se multiplient depuis quelque temps. Exemple dans le Tarn, où face à ce phénomène, des solutions émergent.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.À 30 minutes de Rodez, dans l'Aveyron, le village de Salmiech n'a plus de boulangerie. La dernière, fermée il y a un an et demi, attend toujours un repreneur, au grand regret de ses 750 habitants. "Ça manque, parce que ça faisait de la vie, quand même", regrette une femme. "Ça peut se comprendre que ce soit de plus en plus compliqué dans une petite ville comme ça, un petit village, de faire vivre une boulangerie", admet une jeune femme. Pour acheter son pain chaque semaine, une retraitée n'a donc pas le choix : "Je suis obligée de faire une douzaine de kilomètres pour trouver du pain artisanal. J'en prends plusieurs, je suis obligée de congeler pour la semaine, ce n'est peut-être pas l'idéal, mais faute de mieux", confie-t-elle. Rouler toujours plus loin pour chercher son pain, une situation qui n'a rien d'exceptionnelle dans cette région.Dans le Tarn, le village de Tanus, privé lui aussi de boulanger depuis trois ans, a trouvé une solution proposée par un commerce multiservice. Un dépôt de pain. "Tous les jours je suis là", glisse Gérard Bousquet, un habitant de Tanus. Il admet que se déplacer pour aller chercher sa baguette peut être coûteux, "surtout actuellement, avec le prix de la gazoline." La commerçante, Cécilia Delpous, vend ses baguettes au même prix qu'en boulangerie : "Du pain frais tous les matins, c'est ce qui plaît aux clients, et c'est ce dont on avait besoin au village. Beaucoup de personnes à mobilité réduite et de personnes âgées n'ont pas forcément la possibilité de se déplacer sur les villes alentour pour trouver du pain", reconnaît-elle. Le pain est fabriqué à Naucelles (Aveyron) tous les jours, 15 km plus loin, chez un boulanger. Mais jusqu'à quand ? Car l'artisan doit faire face à une hausse inédite des coûts de production : "La farine, elle augmente parce que pour fabriquer la farine, il faut de l'énergie. L'énergie étant de plus en plus chère, la farine augmente", souligne Philippe Le Prado, boulanger à Naucelles. Résultat ; il a dû réduire une partie de sa tournée au mois d'avril, même s'il poursuit ses livraisons pour les dépôts de pain et les particuliers isolés. "S'il fallait payer une salariée 35 heures par semaine pour faire la tournée, ce ne serait pas rentable", indique le boulanger.À 61 ans, il cherche un repreneur pour sa propre enseigne, mais n'a reçu aucune proposition depuis un an, avec le risque de la disparition d'une nouvelle boulangerie en zone rurale.












