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ReportageEntre flambée des charges, baisse des prix et rendements malmenés par les aléas climatiques, les producteurs de céréales voient leur modèle économique vaciller. Dans l’Indre, le groupement agricole des Béliers illustre la fragilisation d’un secteur longtemps perçu comme solide.

Derrière le hangar et son silo à grain, la moissonneuse est sortie, bientôt prête à servir. D’ici quelques jours, les épis de blé dans les champs voisins se courberont sous le poids des grains, signe qu’ils sont bons à récolter. Le fruit de la saison pèsera lourd pour Astrid Plisson et Denis Philippon, les deux associés du groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) des Béliers, à La Champenoise, dans l’Indre. Dans les grandes plaines céréalières, entre Vierzon (Cher) et Châteauroux (Indre), un doute étreint depuis plusieurs années ceux qui pensaient que le bonheur était dans le blé.

« Aujourd’hui, il faut être fou pour faire ce qu’ils font », lâche Chantal Philippon, la mère de Denis. En 35 ans, Gérard, son mari, l’ancien gérant de la ferme, n’a jamais connu « ça ». A l’opposée de l’idée reçue que les céréaliers français ne sont pas à plaindre, les comptes de l’exploitation ne tournent plus rond.