Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Royaume-Uni Royaume-Uni Royaume-Uni Analyse Cécile Ducourtieux Londres, correspondante Alors que le pays a longtemps été l’un des sanctuaires européens du bipartisme, les élections locales du 7 mai ont parachevé la révolution silencieuse du multipartisme, qui n’a cessé de croître depuis le Brexit. Publié aujourd’hui à 15h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés A Birmingham comme ailleurs en Angleterre, les élections locales du 7 mai ont été dévastatrices pour le Labour. Le parti du premier ministre, Keir Starmer, qui contrôlait le conseil municipal depuis 2012, a perdu 36 conseillers : il ne lui en reste que 17 sur 101. A contrario, comme dans de très nombreuses autres localités britanniques, le mouvement de droite radicale Reform UK a réalisé une percée fulgurante, passant de zéro représentant au Birmingham City Council à 23 élus. Depuis le scrutin, les Brummies – les habitants de la capitale des Midlands – se retrouvent avec la perspective d’une administration locale ingouvernable : même si les conseillers Labour parvenaient à s’entendre avec les Greens (les écologistes, 19 élus) et les libéraux démocrates (12 élus), il leur manquerait encore trois voix pour décrocher la majorité au conseil. Le parti antimigrants Reform UK n’est pas non plus, a priori, en position de former un bloc majoritaire : il est peu probable qu’il parvienne à faire le plein de soutiens chez les conservateurs (16 élus) et les indépendants (14 conseillers), qui comprennent des membres de la communauté musulmane, propalestinienne. La paralysie municipale serait une calamité supplémentaire pour Birmingham. La commune est dans une situation financière très précaire. Elle n’est officiellement plus en faillite depuis février (après s’être déclarée insolvable en septembre 2023), mais elle a dû fortement augmenter les impôts locaux, sacrifier des services municipaux pour faire des économies, et elle n’est toujours pas parvenue à mettre un terme à la grève des éboueurs qui dure depuis plus d’un an. Birmingham n’est pas un cas isolé : des dizaines de collectivités se trouvent sans majorité depuis le scrutin du 7 mai. De fait, une nouvelle ère s’est ouverte en Angleterre et au Pays de Galles : celle du multipartisme. Fini le « two party system », le paysage politique qui se résumait depuis un siècle à un duel sans cesse rejoué entre le Parti travailliste et le Parti conservateur (les tories), des formations embrassant de multiples courants, étouffant les tentations populistes et gouvernant le plus souvent au centre. Il vous reste 62.75% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Au Royaume-Uni, un paysage politique marqué par la fin du duel entre conservateurs et travaillistes
ANALYSE. Alors que le pays a longtemps été l’un des sanctuaires européens du bipartisme, les élections locales du 7 mai ont parachevé la révolution silencieuse du multipartisme, qui n’a cessé de croître depuis le Brexit.









