« Si c’est vrai, que Dieu nous protège » : à l’épicentre de l’épidémie de maladie Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC), le climat oscille entre peur et déni, à mesure que la catastrophe sanitaire croît et que les morts s’accumulent.Mongbwalu, cité de quelque 130 000 habitants, est située dans les collines vertes du nord-est de la RDC, dans la province de l’Ituri. C’est là que se trouve le foyer de l’épidémie, qui a déjà tué 204 personnes sur 867 cas suspects dans le pays d’Afrique centrale de plus de 100 millions d’habitants.Dans les rues en terre, orpailleurs et commerçants font des allers-retours quasi quotidiens vers les provinces voisines. Des motos couvertes de boue traversent les pistes rouges. L’Ouganda n’est qu’à une centaine de kilomètres à vol d’oiseau et le Soudan du Sud à environ 200 kilomètres.Depuis cette région reculée et déchirée par les violences de groupes armés, la maladie s’est propagée, en l’espace de quelques semaines, dans deux provinces voisines et sur le sol ougandais.Cette épidémie, la 17e dans le pays parmi les plus pauvres de la planète, a été jugée « assez fulgurante » par le ministre de la Santé congolais. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché une alerte sanitaire internationale.À Mongbwalu, 322 personnes sont suspectées d’avoir été infectées, selon le dernier bilan des autorités sanitaires. Et 88 décès, probablement causés par le virus, ont été signalés.« La maladie existe », insiste Laureine Sakiya, habitante de Mongbwalu interrogée par l’AFP, en évoquant des morts parmi ses voisins. « Les autorités doivent nous apporter les vaccins », réclame la jeune femme de 26 ans.Elle ignore encore qu’aucun traitement ni vaccin n’existent pour le virus Bundibugyo, à l’origine de la flambée épidémique d’Ebola en cours.