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ReportageUn mois après la déclaration officielle de l’épidémie par les autorités congolaises, la réponse sanitaire n’arrive pas à limiter la propagation du virus et le nombre de victimes ne fait qu’augmenter.
Neema Bigabwenda Kasemire a rendu son dernier souffle mercredi 10 juin, à 16 h 32. « Allez chercher un drap pour la couvrir », soupire un soignant du centre de traitement Ebola (CTE) géré par l’ONG Alima à Rwampara, petite localité située en périphérie de Bunia, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Une infirmière en combinaison intégrale jaune apporte un pagne qu’elle borde sur le brancard, la main gauche posée sur le ventre bombé de la défunte.
Agée de 30 ans, Neema Bigabwenda Kasemire, enceinte de huit mois, attendait son troisième enfant. Elle et son bébé sont les 33e et 34e personnes à avoir, officiellement, succombé à Ebola dans cette zone de santé de Rwampara. Le virus, découvert en 1976 et responsable de graves fièvres hémorragiques, frappe régulièrement la RDC. Mais jamais les habitants de l’Ituri, province ravagée par les conflits intercommunautaires depuis presque trente ans, n’ont fait face à une telle flambée.







