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Reportage« Le Monde » s’est rendu dans la localité de l’est de la République démocratique du Congo, où l’épidémie liée au virus Ebola s’est déclarée. Face à la multiplication des décès, les structures sanitaires locales et les ONG se retrouvent débordées, pénalisées par le manque de moyens mis en place.

A Mongbwalu, les morts n’ont plus d’odeur. Ne persiste que l’âcreté de la solution chlorée pulvérisée sur les corps des centaines de victimes de l’épidémie à virus Ebola, dissimulées à l’intérieur de sacs mortuaires blancs. Le 16 juin, le parvis de l’hôpital de cette localité de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), épicentre de la flambée d’Ebola officiellement déclarée par les autorités un mois plus tôt, s’est mué en chambre funéraire à ciel ouvert.

A l’ombre d’un arbre, les familles des défunts épient les triporteurs à marchandises déglingués transformés en corbillards de fortune. Ils transportent les cercueils achetés dans les échoppes de la ville. Ceux de deux enfants et de deux adultes sont placés à même le sol, derrière un autel à la gloire de la Vierge Marie. Engoncés dans des combinaisons de protection, quatre agents de la Croix-Rouge aspergent de chlore une housse mortuaire déposée dans l’une de ces bières.