Pourquoi Donald Trump a-t-il renoncé à signer un décret très attendu sur l’intelligence artificielle (IA) ? Plusieurs récits irriguent vendredi Washington pour interpréter ce nouvel épisode des difficultés de la Maison-Blanche à s’accorder sur des garde-fous pour cette technologie de plus en plus puissante.La plupart des analyses pointent vers l’ancien conseiller David Sacks, toujours influent malgré son départ de la Maison-Blanche en mars.Selon Politico, cet investisseur tech de renom, proche d’Elon Musk, aurait appelé le président jeudi matin pour le convaincre qu’un décret prévoyant un examen sécuritaire des modèles d’IA avant leur diffusion ralentirait l’innovation américaine face à la Chine.Les responsables de la Maison-Blanche croyaient pourtant avoir rallié David Sacks à l’équilibre du décret, peu contraignant. Mais l’ex-conseiller aurait exprimé ses réserves la veille, inquiet que l’examen volontaire ne devienne un jour obligatoire, selon Politico.« Nous sommes en tête face à la Chine […] et je ne veux rien faire qui risque de compromettre cette avance », avait justifié jeudi Donald Trump, en annulant la signature.Le Washington Post a avancé un récit plus large : des appels de dernière minute de David Sacks, d’Elon Musk et de Mark Zuckerberg, le patron de Meta, auraient convaincu le président.« C’est faux. […] Le président ne m’a parlé qu’après avoir refusé de signer », a démenti Musk sur X. Meta a également contesté, affirmant que Zuckerberg n’avait parlé au président qu’a posteriori.Aucun de ces récits ne mentionne les dirigeants de Google, OpenAI ou Anthropic, dont les modèles auraient été concernés au premier chef. Leurs dirigeants, favorables à une régulation minimale, étaient invités à la signature, et l’absence de plusieurs d’entre eux constituerait un autre facteur, selon certains médias.Un tel décret, s’il était finalement signé, acterait un virage radical pour le gouvernement Trump, jusqu’ici hostile à toute régulation de l’IA.