Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Économie Économie Économie Pertes et profits Pertes et profits Pertes et profits Chronique Isabelle Chaperon Chroniqueuse au service Economie Au sujet de la suppression de 8 000 postes, le PDG de la banque Standard Chartered a parlé de « capital humain de moindre valeur ». Des propos qui font craindre que les entreprises ne jouent pas leur rôle d’amortisseur social face au tsunami de l’IA, estime Isabelle Chaperon, chroniqueuse au service Economie du « Monde ». Publié aujourd’hui à 12h00, modifié à 14h03 Temps de Lecture 1 min. Article réservé aux abonnés Si la vague de suppressions de postes liée à l’intelligence artificielle (IA) prend des proportions inquiétantes, la faute ne peut en incomber à la technologie. Le problème, c’est le manque de considération de certains chefs d’entreprise pour leurs salariés. Les promesses de gains de productivité massifs associés à l’IA exposent le cynisme des patrons aussi sûrement qu’une lampe UV révèle les indices sur une scène de crime. Bill Winters, PDG de Standard Chartered, ne s’est pas embarrassé de scrupules en annonçant, mardi 19 mai, que la banque britannique, très présente en Asie, prévoyait de supprimer 15 % de ses emplois dans les fonctions support – des centres d’appels aux services de conformité –, soit près de 8 000 collaborateurs en moins d’ici à 2030 : pour justifier cette coupe claire dans les effectifs, le dirigeant a lâché que l’IA allait remplacer « le capital humain de moindre valeur ». Face au tollé général, le banquier a fait circuler le lendemain un mémo interne, assurant que « lorsque certains rôles disparaissent, cela reflète des changements dans le travail, et non la valeur de nos collaborateurs ». Le même jour, Meta (Facebook, WhatsApp…) envoyait les premières notifications aux personnes visées par un plan de licenciement affectant 8 000 salariés, son patron, Mark Zuckerberg, assurant « ressentir le poids » de cet écrémage dans un courrier interne. A se demander, finalement, ce qui est le pire : le cynisme ou le bullshit ? Il vous reste 42.76% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.