Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Sciences Sciences Sciences Hantavirus Hantavirus Hantavirus Tribune Ulyses Pardiñas chercheur en zoologie Les populations du rongeur à l’origine de la souche des Andes ont connu des changements démographiques spectaculaires avec la modification des écosystèmes, observe dans une tribune au « Monde » le chercheur argentin en zoologie Ulyses Pardiñas. Publié aujourd’hui à 12h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Que la Patagonie soit une terre envahie de rats et de souris, nous le savons depuis près de deux siècles. Charles Darwin, hanté par le souvenir de ces territoires parcourus lors du voyage épique du HMS Beagle, l’écrivait déjà avec une remarquable lucidité : « La Patagonie, malgré ses lacunes, peut néanmoins se targuer d’abriter une plus grande population de petits rongeurs que, peut-être, tout autre pays au monde… » Nous savons aujourd’hui que, parmi les mammifères qui habitent l’extrémité australe du cône sud de l’Amérique du Sud – Argentine et Chili compris –, près de 60 % sont des rongeurs. Et, parmi eux, environ la moitié appartiennent au groupe des cricétidés qui, avec leurs proches parents les muridés, ont aussi été associés, directement ou indirectement, à certaines des maladies les plus dévastatrices de l’histoire humaine. Qu’ils agissent comme réservoirs de virus et de bactéries ou qu’ils transportent des parasites vecteurs de maladies, ces petits mammifères occupent une place centrale dans l’histoire des zoonoses. Il n’est peut-être pas exclu que de nouveaux épisodes émergent encore de cette relation ancienne entre les rongeurs et l’humanité. Depuis les années 1990, nous savons qu’un petit cricétidé largement répandu dans les Andes en Patagonie, Oligoryzomys longicaudatus [rat pygmée de rizière à longue queue], constitue le principal réservoir régional du hantavirus andin. Avec un taux de létalité proche de 30 %, cette maladie virale est l’un des plus sévères transmises par des mammifères sauvages. Année après année, le virus fait des victimes : travailleurs ruraux, bûcherons ou campeurs. Un rongeur désormais dominant L’apparition récente de cas associés à des passagers européens d’un navire de croisière a brusquement suscité des inquiétudes bien au-delà de l’Amérique du Sud. Après l’expérience du Covid-19, la peur d’une prochaine pandémie a surgi. Mais une question s’impose : quelque chose est-il en train de changer en Patagonie et dans ses écosystèmes ? Oui, et cela ne date pas d’hier. A l’échelle globale, il s’agit de l’impact humain sur les milieux naturels. Depuis le début du XXe siècle, l’introduction du bétail dans les forêts subantarctiques argentino-chiliennes a progressivement transformé les paysages. Dans le même temps, de nombreuses plantes exotiques ont été introduites, parmi lesquelles l’églantier européen (Rosa eglanteria), d’abord limité à quelques jardins urbains. Il vous reste 55.49% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Hantavirus : en Patagonie, « toutes les conditions semblent réunies pour une augmentation du risque épidémiologique »
TRIBUNE. Les populations du rongeur à l’origine de la souche des Andes ont connu des changements démographiques spectaculaires avec la modification des écosystèmes, observe dans une tribune au « Monde » le chercheur argentin en zoologie Ulyses Pardiñas.















