Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Hantavirus Hantavirus Hantavirus Tribune Serge Morand Ecologue et biologiste Dans une tribune au « Monde », l’écologue et directeur de recherche au CNRS souligne l’importance des liens entre zoonoses et changements environnementaux. Il déplore que cet état de fait, pourtant documenté, ne soit pas pleinement pris en compte par les gouvernements. Publié aujourd’hui à 18h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Les crises sanitaires s’enchaînent et les réponses sont toujours apportées dans l’urgence : mesures de confinement, traçage des cas contacts, quarantaine, puis assurances données quant au développement de traitements et de vaccins lorsqu’ils font défaut et, finalement, promesses de faire mieux la prochaine fois. La pandémie de Covid-19 était censée nous servir de leçon. Pourtant, nous continuons de faire face à une série de crises, notamment la mpox, également associée aux rongeurs, ou les grippes aviaires, dont le H5N1 chez les vaches laitières aux Etats-Unis, pour n’en citer que quelques-unes. Il est grand temps d’apprendre à prévenir les crises plutôt que de se contenter d’en affronter les conséquences. Cela implique de cibler les facteurs responsables de l’émergence et de la transmission des agents infectieux, en particulier ceux qui proviennent de la faune sauvage. Les connaissances écologiques acquises sur les hantavirus nous permettent de mettre en œuvre cette prévention à la source. Les différentes espèces de hantavirus responsables d’infections, souvent graves chez les humains, ont des caractéristiques communes et bien connues. Elles sont naturellement hébergées par des rongeurs en Europe, en Asie et en Amérique. Nombre d’entre eux sont particulièrement bien adaptés aux environnements modifiés par l’homme, qu’ils soient agricoles ou urbains. Dans ce contexte, trois facteurs se révèlent importants dans le risque de transmission des hantavirus à l’homme. Déclin de la biodiversité Le premier est la modification et l’homogénéisation des paysages et des territoires, avec l’expansion de l’agriculture et l’urbanisation. Ces modifications s’accompagnent d’un déclin de la biodiversité, favorisant les rongeurs généralistes, qui s’adaptent et prolifèrent dans ces environnements anthropisés. Le deuxième facteur est le déclin de la biodiversité. Des études menées en Europe (hantavirus Puumala), en Asie (hantavirus Séoul et Thai) et en Amérique (hantavirus Sin Nombre) montrent une corrélation négative entre la diversité des espèces de rongeurs et autres mammifères locaux, et la prévalence des hantavirus chez les rongeurs réservoirs. La diminution de la diversité animale favorise la circulation des hantavirus. Il vous reste 64.35% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.