Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Biodiversité Biodiversité Biodiversité Chronique Stéphane Foucart Journaliste au service Planète Alors que le foyer épidémique d’hantavirus du « Hondius » rappelle la nécessité de se prémunir contre les zoonoses, Stéphane Foucart, journaliste au service Planète, rappelle, dans sa chronique, que le meilleur rempart contre ces maladies est la stabilité des écosystèmes, qui repose bien souvent sur les grands prédateurs. Publié aujourd’hui à 05h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Dimanche 10 mai au matin, dans une forêt non loin de Saint-Pierre-des-Jonquières (Seine-Maritime), une petite troupe s’affairait autour d’une louve prise dans un piège à renard. Les pompiers, les services vétérinaires de la protection civile, la direction départementale des territoires, les fonctionnaires de l’Office de protection de la biodiversité, des agriculteurs et quelques élus étaient là, et tout ce monde de s’interroger : que faire de l’animal ? Le tuer ? Le relâcher ? Le garder à vue en attendant on ne sait quoi ? Le préfet a finalement tranché, et opté pour la captivité – une décision juridiquement fragile, comme l’a détaillé ma collègue Perrine Mouterde, dans l’article qu’elle a consacré à cette histoire. Les services déconcentrés de l’Etat devant un grand canidé capturé par erreur, c’est un peu une poule qui aurait trouvé une fourchette. L’animal est certes protégé, mais ce serait plus simple pour tout le monde qu’il ne soit tout simplement pas là, et l’arbitrage est compliqué. Cette situation est surtout le reflet des rapports de domination, de contrainte et d’entrave que les sociétés occidentales entretiennent avec la nature sauvage – et au pays de Descartes plus qu’ailleurs. Cette relation au vivant est au cœur d’un autre événement survenu le même jour : le rapatriement des ressortissants français coincés à bord du Hondius, siège d’un foyer épidémique de hantavirus de l’espèce Andes. Il n’y a bien sûr aucun lien direct entre les deux événements, mais ils ne sont pas complètement étrangers l’un à l’autre : une abondante littérature documente en effet les bénéfices sanitaires que les sociétés humaines tirent de la présence de grands prédateurs dans leur environnement. Transmission des zoonoses Le virus qui concentre toute l’attention ces jours-ci est par exemple transmis à l’homme par un petit rongeur, le rat pygmée de rizière à longue queue (Oligoryzomys longicaudatus), dont les populations sont contrôlées par plusieurs prédateurs, en particulier le guigna (Leopardus guigna). Or, ce petit félin voit ses populations décliner du fait de la déforestation et du braconnage. C’est l’un des nombreux mécanismes par lesquels peut s’élever la probabilité de transmission des zoonoses : avec la destruction et la fragmentation des habitats, des espèces réservoirs d’agents infectieux colonisent de nouveaux espaces et se rapprochent des humains tandis que leurs prédateurs, plus fortement inféodés à leur milieu, déclinent et leur laissent le champ libre. Il vous reste 57.02% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Quand nous tuons des loups ou des renards, nous avons une idée précise des bénéfices que nous en tirerons, mais aucune des bienfaits qui disparaissent avec eux »
CHRONIQUE. Alors que le foyer épidémique d’hantavirus du « Hondius » rappelle la nécessité de se prémunir contre les zoonoses, Stéphane Foucart, journaliste au service Planète, rappelle, dans sa chronique, que le meilleur rempart contre ces maladies est la stabilité des écosystèmes, qui repose bien souvent sur les grands prédateurs.







