Sciences et SantéSciencesSantéAnalyse. Le vague de théories farfelues qui accompagne l'épidémie d'hantavirus montre qu’il y a urgence à réguler les plateformes numériques. Par Stéphanie BenzPublié le 16/05/2026 à 17:00bookmarkUne vidéo de Christian Perronne (photo), ancien chef de service d'infectiologie à l'hôpital de Garches, pour le site de France-Soir a été vue 71000 fois sur YouTube.MAXPPPL'hantavirus serait un effet secondaire des vaccins anticovid. Il ferait rétrécir le pénis. Il faudrait craindre de nouveaux confinements et campagnes de vaccination forcée. L’hydroxychloroquine permettrait de traiter efficacement ce microbe. L’ivermectine aussi, d’ailleurs. Cette crise ne serait qu’une "opération spéciale" destinée à "alimenter la peur créée par un cartel épidémique" autour de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de laboratoires pharmaceutiques pour vendre des vaccins. Et, bien sûr, "Hanta" serait un mot hébreu qui signifierait "arnaque"…Si l’hantavirus des Andes qui a déclenché un cluster de cas sur le bateau de croisière MV Hondius semble pour l’instant contenu grâce à un traçage et à un contrôle drastique des malades et de leurs contacts, il n’en va pas de même avec la vague de fausses informations qui a aussitôt envahi les réseaux sociaux et les plateformes de vidéos en ligne. Depuis le 3 mai, toute la complosphère bruisse de rumeurs plus farfelues les unes que les autres. Faut-il le rappeler ? Il n’existe à ce jour ni vaccin, ni traitement contre ce microbe, il n’a pas d’effet sur les organes génitaux, il circule de façon endémique chez certains rongeurs sud-américains qui infectent régulièrement des humains, et l’OMS n’y est pour rien, pas plus que la communauté juive, les laboratoires pharmaceutiques ou la Fondation Gates, traditionnels boucs émissaires des complotistes en tout genre.