Un scientifique de l’Institut Malbran tient des tubes contenant de l’ARN de la souche des Andes, à Buenos Aires, le 6 mai 2026. MINISTÈRE DE LA SANTÉ ARGENTIN VIA AFP

Le foyer de hantavirus découvert à bord du Hondius va-t-il booster la recherche autour de ce virus qui attire généralement relativement peu l’attention, même des scientifiques ? Une question brûlante alors que, pour le moment, il n’existe aucun traitement ciblé spécifiquement contre ce hantavirus de la souche des Andes, seul capable de se transmettre entre humains et dont la létalité est évaluée à environ 40 %. Une ancienne passagère française de la croisière est actuellement dans un état grave, hospitalisée dans le service de réanimation de l’hôpital Bichat, à Paris.

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Présent exclusivement en Amérique du Sud (Chili, Argentine), ce virus est responsable de quelque 50 à 100 cas par an, essentiellement par voie zoonotique (à travers le contact avec les excrétions de rongeurs, qui en sont le réservoir naturel). A l’instar de toutes les maladies tropicales négligées, comme la maladie du sommeil ou la lèpre, il est particulièrement difficile pour les chercheurs de développer des produits et de tester leur efficacité, l’échantillon de patients disponibles pour les essais cliniques étant réduit. Difficile également de flécher des financements vers ce genre de maladie dont l’impact semble limité en matière de santé publique. Un paramètre qui sera peut-être amené à changer en fonction de l’évolution de ce foyer épidémique et de l’augmentation des cas actuellement rapportée en Argentine.